Le cul entre deux chaises.

François Legault : Le cul entre deux chaises. Jean Némar

Le 14 novembre 2011 est un jour historique pour le Québec, c’est vrai qu’il y a eu la création de la Coalition Avenir Québec (la CAQ), mais ce n’est pas tout à fait ce dont je parle ici. Ce dont il est ici question, c’est le fait que John James (Jean) Charest a dit quelque chose de censé, intelligent, une affirmation avec laquelle je suis tout à fait d’accord. Surprenant, n’est-ce pas? Notre très cher premier sinistre a dit à propos de François Legault et de la CAQ : « On ne peut pas vouloir être premier ministre du Québec et ne pas être, ou fédéraliste, ou souverainiste. On ne peut pas être les deux, on ne peut pas être assis entre deux chaises et être premier ministre du Québec, alors que les enjeux viennent vite à tous les jours ». Que de pertinence de la part de M. Charest! Je fus non seulement surpris de la pertinence du propos, mais aussi du fait que normalement, je m’attendais à entendre ce commentaire venir du côté indépendantiste et non pas de la part d’un fédéraliste. Pourquoi? Eh bien, on peut reprocher bien des choses à John James, mais il n’est certes pas du type à laisser les choses aller au hasard. Or, selon moi, cette déclaration était plutôt hasardeuse et voilà pourquoi. Au Québec, si l’on n’est pas un politicien indépendantiste, on en est forcément un fédéraliste, il ne peut y avoir d’entre-deux pour la simple raison que si l’on met l’indépendance de côté, on perpétue le fédéralisme, le fédéralisme ne proposant pas de changement, mais le statu quo. Ça n’est pas plus compliqué que ça. Donc, la raison pour laquelle cette déclaration venant de Johnny John m’a surpris, c’est qu’il invitait la CAQ à se positionner comme un adversaire du PLQ et non pas un adversaire des partis indépendantistes. Cela dit, François Legault a finalement pris très clairement position lors d’une entrevue accordée à Patrice Roy au Téléjournal de Radio-Canada en disant : « Je ne suis plus souverainiste ». Voilà une bonne chose de réglée, maintenant j’espère que les indépendantistes du Québec ne répéteront pas l’erreur du 2 mai (car c’était à mon avis une erreur et non la moindre) en votant pour un parti fédéraliste, lors des prochaines élections provinciales.

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