La police politique du Québec (PPQ)

SS John James (Jean) Charest - SSPVM - SSQ - Police Politique - Jean Némar

Plusieurs personnes prétendent (et j’en suis) que les services de « l’ordre » du Québec en général et de la ville de Montréal en particulier, prennent de plus en plus l’apparence d’une police politique. Mais qu’en est-il vraiment?

La police politique, c’est quoi?

« Les polices politiques sont omniprésentes dans les régimes totalitaires. »1

« Elles sont souvent accusées d’être utilisées pour maintenir le pouvoir politique en place au lieu de protéger l’état de droit. »2

« [Elles] peuvent aussi employer des agents provocateurs pour inciter des adversaires politiques à exécuter des actes illégaux contre le gouvernement, sur quoi de tels adversaires peuvent être arrêtés. »3

« Les actes réalisés par les polices politiques sont la plupart du temps extrajudiciaires. Ils ne sont pas contrôlés par la justice, mais par un parti politique. »4

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai comme un sentiment que tout ça m’est, disons, familier. Le profilage politique semble s’être installé au Québec et nous devrions nous en inquiéter. Plusieurs citoyens arborant le carré rouge se sont plaints d’avoir été intimidés et parfois même brutalisés par les forces policières, alors qu’ils ne faisaient rien de mal et ne participaient même pas à une manifestation.

De plus, j’apprenais hier que la ville de Montréal envisage la possibilité de criminaliser les insultes faites à des policiers. Ainsi, face à un policier qui commettrait un abus de pouvoir, moral ou physique, voire même, violent, nous devrions tout au moins nous taire, voir l’en remercier.

En réponse aux événements récents?

En 2001, au Sommet des Amériques du Québec, la police avait, selon plusieurs, utilisé une force excessive, très souvent contre des manifestants pacifiques. Il a aussi été reconnu que deux agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) (Nicolas Tremblay et André Viel) avaient incité le groupe Germinal « à s’équiper et à s’armer davantage » afin de « percer le mur de la honte lors du Sommet des Amériques ».5, 6

« En 2003, il avait été reconnu dans la cause Engler-Stringer contre la Ville de Montréal, lancée à la suite d’une arrestation de masse en 2003, que le SPVM pratique une :  » discrimination fondée sur [les] convictions politiques  » ».7

En 2005, le Comité des droits de l’homme de l’ONU avait dénoncé les arrestations de masse réalisée par le SPVM, lors d’une manifestation. Ces arrestations visaient spécifiquement des militants associés à l’extrême gauche.8

En 2007, la Sureté du Québec (SQ) avait admis que des agents s’étaient déguisés en manifestants afin de les infiltrer lors du Sommet de Montebello. Bien que la SQ a nié que ces agents étaient là pour provoquer la foule, plusieurs témoins affirment le contraire.9, 10, 11

En 2010, des organisateurs de la manifestation, à Montréal, contre la répression policière qui avait lieu au G20 de Toronto, avaient repéré et rebuté des agents provocateurs qui tentaient de s’infiltrer dans la manifestation. Les agents auraient été filmé par Scott Weinstein, ce qui lui aurait valu d’être arrêté. Il a été relâché dans la soirée et sa caméra lui fut rendue, mais toutes les images qu’il avait prises auraient été effacées par la police. Il fut accusé sous un prétexte bidon, soit d’agression armée, l’arme en question étant son vélo.12, 13

En 2011, le chroniqueur, du pourtant très partisan quotidien La Presse, Patrick Lagacé signait un article où il faisait état d’une discussion qu’il avait eue avec un agent de la SQ dans laquelle celui-ci lui avait dit sans ambiguïté qu’il s’agissait d’un service de police politique.14

L’escouade de Guet des activités des mouvements marginaux et anarchistes (GAMMA) fondée en 2011 est reconnue pour faire du profilage politique.15

En conclusion

La police politique semble bel et bien faire des siennes au Québec et ailleurs en Amérique. Bien que les pays d’Amérique du Nord se disent démocratiques, nos libertés d’opinion et d’expression semblent être de plus en plus remises en question. Les exemples que j’ai cités dans cet article ne sont que quelques-uns qui se sont passés au Québec dans les dernières années.

Nous devons être vigilants et surtout ne jamais censurer notre esprit critique. La loi 78 adoptée depuis peu n’est qu’une pierre de plus à la mosaïque des atteintes à nos droits et libertés. D’ailleurs, Amnistie Internationale a publié un communiqué le 18 mai dernier, afin de dénoncer le projet de loi 78 et des limitations potentielles à nos droits fondamentaux que celle-ci pourrait entraîner.16

« Quand les bandits sont au pouvoir, la place d’un honnête homme est en prison »17

De ce gouvernement de plus en plus autoritaire,
Jean Némar


1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Police_politique
2. Ibid.
3. Ibid.
4. Ibid.
5. http://archives.lautjournal.info/autjourarchives.asp?article=261&noj=201
6. Le Devoir, « La taupe policière aurait incité les activistes à s’armer davantage », François Cardinal, 20 avril 2001, p. A1.
7. http://histoireetcivilisation.wordpress.com/2011/07/18/gamma-une-police-politique/
8. http://histoireetcivilisation.wordpress.com/2011/07/18/gamma-une-police-politique/
9. http://www.radio-canada.ca/regions/ottawa/2007/08/23/007-SQ-reax-youtube_n.shtml
10. http://www.youtube.com/watch?v=7S1nHvvkzvA
11. http://www.youtube.com/watch?v=91MDMQH4i_E
12. http://www.pacificfreepress.com/news/1/6528-quebec-surete-agents-provocateur…rally.html
13. http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=cLFS1Xarysg
14. http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/patrick-lagace/…police-politique.php
15. http://fr.wikipedia.org/wiki/…marginaux_et_anarchistes
16. http://www.amnistie.ca/…amnistie-internationale-soppose…
17. Michel Chartrand