François Revello et la CAQ Séquelle

François Rebello - Revello - CAQ Séquelle - Jean Némar

Nous apprenions, la semaine passée, qu’un autre député du PQ venait de quitter le navire. En effet, François Rebello venait d’annoncer sa démission du PQ afin de se joindre à la CAQ. Les raisons par lesquelles il expliquait ce changement de cap en ont laissé plusieurs perplexes.

On pouvait lire, dans la lettre qu’il a fait parvenir aux médias1, les raisons de son changement de parti; en voici donc quelques extraits suivis de mes commentaires.

« Force est de constater que la stratégie souverainiste n’a pas fonctionné. La majorité des Québécois n’est pas prête, maintenant, à voter pour la souveraineté. »

Personnellement, je crois que si la majorité des Québécois n’est pas prête à voter pour la souveraineté, ce serait dû entre autres au fait que nous avons, depuis 2003, un gouvernement non souverainiste au pouvoir et peut-être aussi à cause des problèmes internes auxquels doit faire face le principal parti indépendantiste. La solution de M. Rebello à ces problèmes? Une défection de plus et un député de plus dans les rangs du nouveau parti fédéraliste. Nous pouvons nous compter chanceux qu’il ne soit pas pompier, car il serait probablement de ceux qui proposeraient d’éteindre le feu en l’arrosant avec de l’essence!

« Je suis donc encore souverainiste tout en étant conscient du fait que l’enjeu actuel n’est pas celui de la tenue d’un référendum »

Je suis tout à fait d’accord que l’enjeu actuel n’est pas la tenue d’un référendum, mais bien la construction d’un rapport de force, ce que justement nous propose le plan de gouvernance souverainiste. Plusieurs seront en désaccord avec moi sur ce point, mais personnellement je crois que nous aurions beau avoir un référendum à 75 % pour, sans rapport de force, l’indépendance ne serait pas plus acquise.

« L’objectif du gouvernement doit être d’offrir les meilleurs services à meilleurs coûts. Cette approche efficace n’est ni de droite, ni de gauche, elle est simplement celle du parti pris envers les citoyens. »

D’accord, ce n’est peut-être ni de droite ni de gauche, mais le fait est que toutes les mesures concrètes qu’a évoquées François Legault me paraissent de droite, de plus la CAQ a fusionné avec l’ADQ, le parti le plus à droite sur l’échiquier politique québécois. On a beau vouloir fuir les étiquettes, il reste que dans les faits, la CAQ est de droite.

« Trop souvent, certains ont opposé affaires et culture. Avec François Legault, ce n’est pas le cas. Au contraire, son sens des affaires pourra servir nos artistes. »

Je ne comprendrai jamais ceux qui mélangent ces deux notions qui me semblent être à l’opposé l’une de l’autre. Et, à vrai dire, j’ai toujours détesté l’expression industrie culturelle qui est à mon avis une aberration et un non-sens. Sauf, peut-être si l’on évacue l’art de la culture et que l’on parle de Star Académie et autres produits de sous-culture américanisante.

« Je ne veux pas me contenter d’attendre le grand soir. Je choisis le meilleur premier ministre pour bâtir notre avenir, pour entreprendre un Québec vert. »

Selon M. Rebello, le meilleur premier ministre pour bâtir un Québec vert serait donc un entrepreneur-affairiste en complet gris? Laissez-moi douter de la pertinence de cette affirmation. À vrai dire, les objectifs de réduction de GES de la CAQ sont inférieurs à ceux du PQ. De plus, parmi les 20 principales propositions que nous a présentées la CAQ en novembre dernier, aucune ne portait sur l’environnement.

De toute façon, je crois que si M. Rebello a quitté le PQ pour se joindre à un parti fédéraliste de droite, c’est par pur électoralisme et opportunisme.

Finalement, M. Rebello avait affirmé, peu avant Noël, qu’il resterait au PQ, qu’il était un homme de conviction; il faut peut-être croire que ces convictions ont fondu comme un Revello® au soleil.

De ces opportunistes politique,

Jean Némar


1. http://www.cyberpresse.ca/debats/opinions/…

Pour une enquête publique

Jacques Duchesneau : M. Charest, nous voulons un commission d'enquête publique.C’est en septembre 2009 que le PQ demande une commission d’enquête publique sur la corruption et la collusion dans l’industrie de la construction. Au fil du temps, une grande partie de la population du Québec en est venue à penser de même, demandant aussi cette commission. Le PLQ de Jean Charest a toujours refusé d’envisager cette option, expliquant qu’il ferait une simple enquête policière afin d’« amener les criminels devant les tribunaux ». Coup de théâtre, voilà que deux ans plus tard, le rapport Duchesneau en vient à la même conclusion, « c’est système dans un système », « tout se passe comme si le ministère avait, pour ainsi dire, autorisé un transfert de compétences vers le secteur privé sans toutefois s’assurer de conserver suffisamment d’expertise pour gérer adéquatement son réseau », « il n’est pas vrai que c’est en jetant en prison des bandits et en préconisant une approche policière et judiciaire que nous réussirons à juguler l’hémorragie », « une commission d’enquête, c’est le seul moyen de rassurer le public, de redresser des problèmes devenus structurels, cette commission elle est urgente ».

M. Charest, vous n’avez qu’un seul patron, le peuple québécois et nous voulons une commission d’enquête publique.

Pour une enquête publique