La maison brûle!

Jean Charest - La maison brûle! - Jean Némar

J’ai longtemps cherché de quelle façon j’allais aborder le sujet dont il est question ici. Je suis venu à la conclusion que je ne devais pas chercher à convaincre de voter pour qui que ce soit, mais qu’il serait préférable d’expliquer ce qui motivera mon vote; pourquoi je voterai contre le Parti libéral du Québec (PLQ) et dans une moindre mesure contre la Coalition avenir Québec (CAQ). J’invite, en particulier, les gens qui rejettent le vote stratégique à lire ce texte et à le commenter. Confronter les idées divergentes est la meilleure façon que je connaisse de les faire évoluer. Je ne cherche en rien à discréditer les gens qui votent selon leurs convictions, je le ferai moi-même aux prochaines élections, mais de façon stratégique et voici pourquoi.

Le principe

Voter « stratégique », ça consiste en quoi? Au moment du vote, trois options s’offrent à nous, nous avons le choix entre voter pour un parti ou un candidat, voter contre un parti ou un candidat ou annuler son vote. Le vote stratégique c’est donc, en gros, de voter contre un parti ou un candidat.

La conjoncture

La conjoncture aura rarement été aussi favorable à l’indépendance du Québec, d’un autre côté la situation a rarement été aussi critique. Bien que la plupart des candidats des tiers partis nient complètement que l’heure est grave, la démolition du Québec entamé par le PLQ dépasse toutes les limites connues. Jean Charest et son équipe de vautours risquent d’atteindre leur but, de rendre l’indépendance du Québec inaccessible, s’ils reprennent le pouvoir. D’un autre côté, il y a la CAQ qui refuserait de nous laisser sortir du Canada, si les Québécois jugeaient que la conjoncture est idéale pour que nous puissions enfin nous émanciper.

L’échiquier politique

Tout le monde connait l’expression échiquier politique, plusieurs l’utilisent sans jamais avoir pris le temps d’y penser, cette expression est pourtant très révélatrice. Je suis de ceux qui voient la politique comme une partie d’échec où l’on déplace ces pièces essayant d’anticiper deux coups d’avance les déplacements de la partie adverse. Je crois d’ailleurs que John James (Jean) Charest est probablement un excellent joueur d’échecs, sans quoi il n’aurait jamais pu se maintenir à la tête de l’État du Québec et briguer un quatrième mandat de suite. Le dernier à avoir réussi cet exploit étant Maurice Duplessis, il avait su se maintenir au poste de premier ministre du Québec pendant 15 ans d’affilée, il avait été élu en 1944, 1948, 1952 et 1956 à la tête de l’Union nationale. En 9 ans de pouvoir, M. Charest a égalé ou battu plusieurs records jusque-là détenus par M. Duplessis, espérons seulement qu’il n’égalisera pas celui-ci.

En politique comme aux échecs, pour être certain de ne pas tout perdre, il faut parfois sacrifier la reine afin de sauver le roi. Or, je crois que l’enjeu de cette élection est la survie du Québec que l’on aime. Le sabotage a assez duré, après 9 ans de saccages de nos institutions, de notre économie, de notre environnement, de notre sous-sol, du peu de démocratie que l’on avait, de nos services publics, du bien commun, de notre État providence et ainsi de suite. J’y reviendrai plus en détail plus bas. Une élection qui consacrerait John James premier ministre pour une quatrième fois risquerait bien d’être le coup qui mettrait le Québec échec et mat.

Le devoir de vote

Les discussions sont animées depuis le déclenchement des élections le 1er août dernier, on sent un engouement pour les élections du 4 septembre, le printemps québécois aura au moins eu comme victoire de réintéresser bien des gens à la chose politique. Espérons que les gens se prévaudront de leur droit, ou s’acquitteront de leur devoir, de vote, cette fois-ci, car, rappelons-le, aux élections générales de 2008, un faible 57,33 % des gens avait fait entendre leur voix. Plusieurs rejettent l’idée même du vote, ce rejet s’explique souvent par un désabusement envers la classe politique ou un rejet systématique de tous les candidats. D’autres croient pouvoir changer les choses en boycottant les élections, personnellement je crois que pour faire avancer les choses nous devons les pousser, petit à petit, en votant continuellement pour la moins mauvaise option et en maintenant une pression constante sur nos élus.

L’argumentaire

Dans les nombreuses discussions que j’ai eues avec les gens de mon entourage, il a souvent été question de vote stratégique. Je vous donne donc ici quelques arguments qui m’ont été donnés, suivis de ma façon de voir les choses.

Le financement public des partis

« Je voterai par convictions afin que le parti que j’aime le plus obtienne du financement public grâce à mon vote. »

La loi régissant le financement des partis politiques1, section VI, article 56, stipule ceci : « L’allocation visée dans l’article 55 se calcule en divisant entre ces partis, proportionnellement au pourcentage des votes valides obtenus par ces derniers aux dernières élections générales, une somme égale au produit obtenu en multipliant le montant de 0,25 $ par le nombre d’électeurs inscrits sur les listes électorales préparées et révisées conformément à la Loi sur les listes électorales (chapitre L-4.1) lors du dernier recensement annuel. » En clair, ça veut dire quoi? Prenons les dernières élections générales comme exemple.

Le nombre d’électeurs inscrits sur la liste électorale était de 5 738 811.
Le pourcentage de vote valide recueilli par Québec solidaire a été de 122 618 soit 3,78 % du vote total.
Le calcul est le suivant. ((5 738 811 * 0,25 $)*0,0378)/122 618 = 0,44 $

Donc, chaque vote attribué à Québec solidaire en 2008 a donné 0,44 $ par année au parti, en terme purement financier évidemment. C’est pourquoi je préfère voter de façon stratégique et faire des dons de 5 $ (par exemple) aux partis que j’aime vraiment.

La caution morale

« En votant contre un parti que je déteste, je me trouve à donner ma caution morale à un parti que je n’aime pas vraiment. »

Bien que cet argument se tienne, je crois qu’il est préférable de voter contre un parti qui ne doit en aucun cas (re)prendre le pouvoir et donner sa caution morale à un parti qui représente nos valeurs en y adhérant, donc en prenant sa carte de membre. Un parti qui obtiendrait un grand nombre de votes, mais qui serait incapable de recruter des membres devrait normalement comprendre le message.

Un parti qui représente mes valeurs

La politique c’est stratégique et mathématique et en votant émotif on risque, la plupart du temps, de se retrouver avec l’option qui se retrouve le plus à l’opposé de ce pour quoi l’on aurait voté. À moins, bien sûr, d’avoir la chance de pouvoir voter de façon stratégique tout en votant selon nos émotions… Ainsi, un électeur votant pour un tiers parti progressiste et indépendantiste risque de se voir représenté par un député fédéraliste de droite.

Les risques inhérents au vote utile

Bien que dans un mode de scrutin uninominal à un tour le vote stratégique soit souvent nécessaire, il existe, toutefois, des risques au vote stratégique. Outre le fait qu’il soit possible de se tromper et d’être amèrement déçu de son vote, le vote stratégique peut aussi s’avérer risqué nous emprisonnant dans une rotation stérile des principaux joueurs ne laissant pas de place aux partis émergents. D’où la nécessité de réformer notre système électoral. Le grand problème ici, c’est que bien que des partis l’ont eu ou l’ont encore dans leur programme, quand vient le temps de voter un projet de loi à l’Assemblée nationale, la plupart des députés votent contre… Nous pourrions, cependant, atteindre ce but avec l’aide des référendums d’initiative populaire (RIP).

Un autre des grands risques à inciter les gens à voter stratégiques est évidemment une recrudescence du cynisme. Depuis longtemps maintenant, nous nous plaignons du désintéressement des « jeunes » à la politique; maintenant que cette tendance semble vouloir enfin s’estomper, inciter ces « jeunes » à voter pour un parti qu’ils n’aiment « pas plus que ça » peut certainement en rendre plusieurs cyniques envers la classe politique.

Les deux grands inconnus

Parmi les deux grands inconnus de cette élection, il y a, bien évidemment, le vote pressenti de la jeunesse québécoise. En effet, notre jeunesse a été sournoisement attaquée par le parti libéral (et aussi par la CAQ qui a adopté la même position que les Libéraux et voté, je le rappelle, pour l’adoption de la loi 12 (projet de loi 78)) et nous pouvons nous attendre, quoique rien ne soit jamais certain, à une participation record de ceux-ci aux élections qui arrivent. Ce vote constitue d’autant plus un inconnu que les 18 à 35 ne sont généralement pas très bien représentés dans les sondages.

Le deuxième inconnu est la division du vote fédéraliste. Autant l’offre indépendantiste que l’offre fédéraliste n’ont jamais été si grandes. Avec 18 partis politiques dont 6 majeurs (Parti Québécois, Option Nationale, Coalition avenir Québec, Parti libéral du Québec, Québec solidaire et le Parti vert du Québec), il n’est pas impossible que les votes qui sont généralement attribués au PLQ ne soient pas favorables au parti qui n’a désormais de libéral que le nom. Cela est sans compter que les deux empires médiatiques semblent avoir pris parti pour la CAQ. Ceci était prévisible venant de Quebecor, mais l’Empire Gesca, qui détient entre autres La Presse et Le Soleil, semble aussi avoir délaissé partiellement le PLQ afin d’appuyer la CAQ. Il faut dire que c’est Lucien Bouchard, bon ami du magnat de La Presse, Paul Démarais, qui est à l’origine de la création de la CAQ.2

Les grands enjeux

L’île d’Anticosti

Les gens qui cherchent l’information vraiment et qui n’attendent pas que nos grands médias la leur servent sur un plateau d’argent savent que le seul pétrole de l’île d’Anticosti est évalué à une valeur actuelle d’environ 4000 milliards de dollars (4 trillions $) et que le parti libéral l’a cédé, sans en avoir obtenu le mandat, à des compagnies privées alors que ce pétrole appartient à tous les Québécois. Le pétrole du Québec a été nationalisé dans les années 60. Daniel Breton a d’ailleurs qualifié cette dépossession des Québécois de vol du siècle et a porté plainte3, contre Jean Charest et son gouvernement, à la sureté du Québec pour vol de nos ressources. Bien évidemment, nos bien-pensants médias n’ont pas jugé pertinent de relayer l’information de façon adéquate. Nous en avons entendu parler le jour même, et le lendemain, le peuple qui se souvient avait oublié.

Nous pouvons être pour ou être contre l’exploitation du pétrole d’Anticosti, mais une chose est certaine, si nous prenons le risque de l’exploiter, c’est tout le Québec qui doit en bénéficier… Si les libéraux sont réélus, nous n’aurons droit ni au beurre ni à l’argent du beurre. Ce dossier est à mon avis le principal enjeu de cette campagne électorale.

Les accords de libre-échange Canada-Europe

Les accords de libre-échange Canada-Europe représentent aussi un des enjeux critiques de cette élection. La teneur de ces accords est tenue secrète, mais l’information dont nous disposons nous laisse présager du pire. Le gouvernement Harper aurait trouvé la manière de modifier l’esprit la Constitution, sans y toucher directement. Le Québec se trouverait en fait contraint de respecter des traités internationaux qu’il ne pourrait modifier, car seul le Canada aurait l’autorité de le faire. Il n’est pas très difficile à comprendre que le Québec a énormément à perdre dans ce dossier.

Je vous recommande de lire un texte4 qu’a publié Richard Le Hir sur le site vigile.net à ce sujet.

Le Plan Nord

Une des plus grandes magouilles du PLQ et de son chef Johnny James est sans aucun doute le Plan Nord. Si l’on résume ce plan maléfique, on pourrait dire que le PLQ désire utiliser des fonds publics afin de permettre à des entreprises privées, le plus souvent étrangères, d’extraire nos ressources non renouvelables tout en saccageant notre environnement. Et ils osent appeler ça du développement durable! Bien que le seul argument qui puisse justifier la mise sur pied d’un si grand projet qui rapportera si peu au Québécois, si gain il y a (et j’en doute), soit bien évidemment la création d’emplois, mais là encore, le bât blesse. Plusieurs avancent que parmi les 50 000 emplois qu’il prétend créer par année une grande partie de ceux-ci découlerait en fait de la mise en chantier, ce qui ne durera évidemment pas très longtemps. D’ailleurs, les emplois créés par un tel plan ne peuvent durer puisqu’ils découlent de l’exploitation de ressources non renouvelables.

Le site vigile.net regorge d’information pertinente sur ce sujet, pour le moins, controversé.

Vers la privatisation d’Hydro Québec

Autant l’élection du PLQ que celle de la CAQ sont inquiétantes en ce qui a trait à la privatisation d’Hydro Québec (HQ). Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si La Presse a offert une couverture médiatique très favorable à la CAQ, estimant que son pion Charest était brûlé, la machine de propagande de l’oncle Paul a vite fait de se trouver un plan B.  La tentative d’acquisition d’Énergie Nouveau-Brunswick par HQ suivait d’ailleurs la logique de la privatisation, nous devons une fière chandelle à la province voisine, qui s’est opposée au projet, sans qui la privatisation de notre principal actif aurait été plus que probable.

Les dérives autoritaires

Le gouvernement voyou de John James n’a pas hésité à utiliser son bras armé qu’est la police et à bafouer nos droits reconnus dans la constitution du Canada, dans la Charte des droits et libertés de la personne du Québec et les traités internationaux que nous avons signés, en créant le conflit étudiant de toutes pièces et en le maintenant savamment afin de se donner une image forte, incarnant l’ordre et l’autorité. Bien que M. Charest avait qualifié de grotesque les allégations selon lesquels il s’était « magasiné » un conflit par calcul électoral il s’est avéré que ces allégations étaient fondées. En effet, ce n’est pas un hasard si la date de retour en classe était prévue en plein milieu de campagne électorale, nous l’ignorions alors, mais lui le savait très certainement. Il n’avait cependant pas prévu que les étudiants allaient lui enlever sa seule planche de salut en rentrant calmement à leurs cours sans scandales et sans casse. Bien que certains ont vu d’un bon œil le fait que le gouvernement ne pliait pas devant les étudiants, il n’en reste pas moins que les droits et libertés fondamentaux des Québécois n’avaient pas été aussi compromis depuis la tristement célèbre loi de mesures de guerre de Pierre Eliott Trudeau et Robert Bourassa. Il faut tout autant s’inquiéter de la CAQ qui a aussi voté pour l’instauration de l’inique loi 12 (mieux connue sous le nom de loi 78 qui était en fait le nom du projet de loi avant qu’il soit adopté).

Le français en péril

Bien que Jean Charest nous dit que tout va bien dans le meilleur des mondes en ce qui a trait à la situation du français au Québec, son gouvernement a tout fait afin de nous angliciser le plus rapidement possible. Avec l’enseignement de l’anglais dès la première année, l’enseignement intensif de l’anglais en 6e année, la loi 115 qui permet les écoles passerelles et son laxisme patent pour faire respecter la loi 101. La situation est critique, le français est passé sous la barre de 50 % dans la métropole. Et l’anglosphixie se répand à travers le Québec.

L’accès à l’éducation

Comment passer outre l’enjeu qu’est l’accès à l’éducation? Bien que celui-ci n’ait pas d’impact direct sur notre sacro-sainte économie, les répercussions indirectes sont immenses. Un pays éduqué est un pays riche, libéraux et caquistes semblent, toutefois, ignorer ce fait avéré. Le meilleur investissement que puisse faire une nation est d’éduquer son peuple. L’éducation est le principal générateur d’une économie saine, d’une population en meilleure santé et plus apte à trouver des solutions aux défis qu’elle rencontre. Nous devons nous méfier de ceux qui voient une menace dans l’éducation du peuple, car l’éducation est la plus grande force émancipatrice et ceux qui la craignent cherchent assurément à nous maintenir dans notre asservissement.

Mon plaidoyer

Il me parait évident qu’il y a, en ce moment, péril en la demeure au Québec. Pendant que la maison brûle, plusieurs se demandent de quelle couleur devrait être la tapisserie. Je crois qu’il y a urgence d’agir et que nous devrions voter stratégique même s’il faut que nous nous bouchions le nez au moment du vote. Il est impératif de sortir les libéraux et si possible de bloquer la CAQ, il en va de l’avenir du Québec. Pour l’instant une seule certitude, l’élection du 4 septembre prochain sera historique, nous sommes à la croisée des chemins et il se pourrait fort bien que si les libéraux réussissent à se faufiler, nous franchisions le point de non-retour. Si tel est le cas, le sort du Québec sera scellé et les perspectives d’avenir seront extrêmement sombres.

Personnellement, à ces élections, je voterai selon mes convictions, je voterai donc stratégique.

Je vous propose de jeter un coup d’œil au document en lien qui a été publié par le site Too close to call auquel j’ai ajouté les deux premiers onglets. Vous pourrez toujours vous en servir afin de voter stratégique si vous décidez de voter ainsi.

De la droite réactionnaire…

Jean Némar 


1. http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/…
2. http://jeannemar.com/lucien-bouchard-pirate-quebecois/
3. http://www.youtube.com/watch?v=oaG4i4P0H9I
4. http://www.vigile.net/Libre-echange-Canada-Europe

Une révolution qui émerge!

Le conflit étudiant n'est que la pointe de l'iceberg - Jean Némar

Il y a quelque temps, lorsque j’ai adopté le pseudonyme de Jean Némar, j’étais extrêmement cynique et désemparé. Désemparé devant le je-m’en-foutisme et la superficialité qui semblaient être les maîtres incontestés de notre société. Cette société que j’aime tant et qui pourtant semblait préférer se bourrer la tête de téléréalités de publicités et de magazines à potins, qui préférait, donc, la futilité et l’individualisme à l’engagement politique et citoyen. À ce moment, j’étais loin de me douter que, tout comme moi, plusieurs de mes contemporains et concitoyens ressentaient ce besoin urgent de réinvestissement collectif et de renouveau démocratique. Je suis, maintenant, de plus en plus certain que j’avais tort.

La crise économique de 2008 nous a été d’une très grande utilité. Plusieurs personnes qui, jusque-là, croyaient au système dans lequel nous vivons, qui osaient même le qualifier de démocratique et qui ont finalement compris que cette « démocratie » qui aurait dû être pour et par le peuple, n’était en fait qu’un leurre permettant aux grandes richesses de ce monde, de faire ses choux gras de l’exploitation de la très grande majorité de la population mondiale. C’est ainsi que, lorsque l’occident s’est empressé à sauver les banques qui étaient les architectes de la crise et à laisser crever le peuple, ce dernier a réalisé que tout ce système ne défendait aucunement les intérêts de la vaste majorité et ne travaillait que pour une infime minorité, soit l’élite économique.

Suivent le printemps arabe, le mouvement « occupons » et une mobilisation mondiale sans pareille dans les quarante dernières années. La démocratisation de l’information via l’internet en général et les réseaux sociaux en particulier risque d’entraîner la chute de la médiacratie et avec elle la chute de certaines formes d’oligarchies et de ploutocraties. D’où les nombreux projets de loi (ACTA, SOPA, PIPA…) qui visent à censurer l’internet.

Dans les médias traditionnels, la résistance se voit, car il est maintenant possible de s’informer sur ce qu’il nous cache. La révolution démocratique extraordinaire de l’Islande n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Nous pourrions aussi parler de la couverture médiatique tout à fait complaisante à l’égard de l’idéologie néolibérale et le parti au pouvoir à laquelle nous assistons en ce moment même dans le conflit étudiant, quoi qu’en dise la droite. La vérité, à mon avis, c’est que les médias au Québec, pour une des premières fois de notre histoire, se voient dans l’obligation de relayer de façon un peu moins partiale l’information (la formation?) et ce dû, justement, à l’explosion des sources d’informations. Ce qui, bien évidemment, choque ceux dont l’idéologie va dans le sens traditionnel des empires médiatiques.

Quoiqu’en disent les médias, tout ce conflit dépasse largement la grève contre la hausse de frais de scolarités et NON, ce ne sont plus « les étudiants » qui sont dans la rue, mais le peuple, du moins une bonne partie de celui-ci. La lutte étudiante n’est, à mon avis, que la pointe de l’iceberg et le meilleur reste à suivre.

Si nous pouvons affirmer avoir retiré quelque chose de bon de ces neuf années du règne néolibéral du PLQ, c’est probablement que leur hostilité envers le Québécois et le peuple en général, leur amour démesuré pour les multinationales et leur individualisme crasse auront réveillé le dragon qui dormait en nous. Il est plus que temps de reprendre le flambeau de la Révolution tranquille et que nous poursuivons la lutte, là où, bien d’autre avant nous, l’ont laissée, l’ont oubliée.

Vive la démocratie, vive l’indépendance.
De ces individus à listes,
Vraiment,

Jean Némar

La police politique du Québec (PPQ)

SS John James (Jean) Charest - SSPVM - SSQ - Police Politique - Jean Némar

Plusieurs personnes prétendent (et j’en suis) que les services de « l’ordre » du Québec en général et de la ville de Montréal en particulier, prennent de plus en plus l’apparence d’une police politique. Mais qu’en est-il vraiment?

La police politique, c’est quoi?

« Les polices politiques sont omniprésentes dans les régimes totalitaires. »1

« Elles sont souvent accusées d’être utilisées pour maintenir le pouvoir politique en place au lieu de protéger l’état de droit. »2

« [Elles] peuvent aussi employer des agents provocateurs pour inciter des adversaires politiques à exécuter des actes illégaux contre le gouvernement, sur quoi de tels adversaires peuvent être arrêtés. »3

« Les actes réalisés par les polices politiques sont la plupart du temps extrajudiciaires. Ils ne sont pas contrôlés par la justice, mais par un parti politique. »4

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai comme un sentiment que tout ça m’est, disons, familier. Le profilage politique semble s’être installé au Québec et nous devrions nous en inquiéter. Plusieurs citoyens arborant le carré rouge se sont plaints d’avoir été intimidés et parfois même brutalisés par les forces policières, alors qu’ils ne faisaient rien de mal et ne participaient même pas à une manifestation.

De plus, j’apprenais hier que la ville de Montréal envisage la possibilité de criminaliser les insultes faites à des policiers. Ainsi, face à un policier qui commettrait un abus de pouvoir, moral ou physique, voire même, violent, nous devrions tout au moins nous taire, voir l’en remercier.

En réponse aux événements récents?

En 2001, au Sommet des Amériques du Québec, la police avait, selon plusieurs, utilisé une force excessive, très souvent contre des manifestants pacifiques. Il a aussi été reconnu que deux agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) (Nicolas Tremblay et André Viel) avaient incité le groupe Germinal « à s’équiper et à s’armer davantage » afin de « percer le mur de la honte lors du Sommet des Amériques ».5, 6

« En 2003, il avait été reconnu dans la cause Engler-Stringer contre la Ville de Montréal, lancée à la suite d’une arrestation de masse en 2003, que le SPVM pratique une :  » discrimination fondée sur [les] convictions politiques  » ».7

En 2005, le Comité des droits de l’homme de l’ONU avait dénoncé les arrestations de masse réalisée par le SPVM, lors d’une manifestation. Ces arrestations visaient spécifiquement des militants associés à l’extrême gauche.8

En 2007, la Sureté du Québec (SQ) avait admis que des agents s’étaient déguisés en manifestants afin de les infiltrer lors du Sommet de Montebello. Bien que la SQ a nié que ces agents étaient là pour provoquer la foule, plusieurs témoins affirment le contraire.9, 10, 11

En 2010, des organisateurs de la manifestation, à Montréal, contre la répression policière qui avait lieu au G20 de Toronto, avaient repéré et rebuté des agents provocateurs qui tentaient de s’infiltrer dans la manifestation. Les agents auraient été filmé par Scott Weinstein, ce qui lui aurait valu d’être arrêté. Il a été relâché dans la soirée et sa caméra lui fut rendue, mais toutes les images qu’il avait prises auraient été effacées par la police. Il fut accusé sous un prétexte bidon, soit d’agression armée, l’arme en question étant son vélo.12, 13

En 2011, le chroniqueur, du pourtant très partisan quotidien La Presse, Patrick Lagacé signait un article où il faisait état d’une discussion qu’il avait eue avec un agent de la SQ dans laquelle celui-ci lui avait dit sans ambiguïté qu’il s’agissait d’un service de police politique.14

L’escouade de Guet des activités des mouvements marginaux et anarchistes (GAMMA) fondée en 2011 est reconnue pour faire du profilage politique.15

En conclusion

La police politique semble bel et bien faire des siennes au Québec et ailleurs en Amérique. Bien que les pays d’Amérique du Nord se disent démocratiques, nos libertés d’opinion et d’expression semblent être de plus en plus remises en question. Les exemples que j’ai cités dans cet article ne sont que quelques-uns qui se sont passés au Québec dans les dernières années.

Nous devons être vigilants et surtout ne jamais censurer notre esprit critique. La loi 78 adoptée depuis peu n’est qu’une pierre de plus à la mosaïque des atteintes à nos droits et libertés. D’ailleurs, Amnistie Internationale a publié un communiqué le 18 mai dernier, afin de dénoncer le projet de loi 78 et des limitations potentielles à nos droits fondamentaux que celle-ci pourrait entraîner.16

« Quand les bandits sont au pouvoir, la place d’un honnête homme est en prison »17

De ce gouvernement de plus en plus autoritaire,
Jean Némar


1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Police_politique
2. Ibid.
3. Ibid.
4. Ibid.
5. http://archives.lautjournal.info/autjourarchives.asp?article=261&noj=201
6. Le Devoir, « La taupe policière aurait incité les activistes à s’armer davantage », François Cardinal, 20 avril 2001, p. A1.
7. http://histoireetcivilisation.wordpress.com/2011/07/18/gamma-une-police-politique/
8. http://histoireetcivilisation.wordpress.com/2011/07/18/gamma-une-police-politique/
9. http://www.radio-canada.ca/regions/ottawa/2007/08/23/007-SQ-reax-youtube_n.shtml
10. http://www.youtube.com/watch?v=7S1nHvvkzvA
11. http://www.youtube.com/watch?v=91MDMQH4i_E
12. http://www.pacificfreepress.com/news/1/6528-quebec-surete-agents-provocateur…rally.html
13. http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=cLFS1Xarysg
14. http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/patrick-lagace/…police-politique.php
15. http://fr.wikipedia.org/wiki/…marginaux_et_anarchistes
16. http://www.amnistie.ca/…amnistie-internationale-soppose…
17. Michel Chartrand

Poste ministériel vacant!

Line Beauchamp démissionne. Poste vacant, à qui le tour? Conflit étudiant. - Jean Némar

La ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Line Beauchamp, vient de remettre sa démission. Bien que le gouvernement Charest n’ait jamais bougé d’un iota refusant bec et ongles de discuter de la hausse des frais de scolarité – raison pour laquelle les étudiants sont en grève –, elle a jeté le blâme sur les étudiants qui seraient toujours restés campés sur leurs positions.

Hein? Quoi?

Quand on fait un dialogue de sourds, il faut s’attendre à une réponse de sourd. Malgré tout, l’ex-ministre maintient avoir tout fait pour régler ce conflit (sauf peut-être avoir accepté d’ouvrir le dialogue). N’oublions pas l’« entente de principe » selon laquelle « la hausse prévue des droits de scolarité est une hausse qui sera appliquée intégralement » et où il incombait aux étudiants de faire le travail du ministère, ainsi « les étudiants seront invités à aller y faire la démonstration de certaines de leurs affirmations comme quoi il y a des lieux, des endroits dans la gestion des universités où on peut faire des gains d’efficacité ».

Quoi qu’il en soit, maintenant que Mme Line Beauchamp a démissionné, Mme Michelle Courchesne prend son siège. S’agit-il d’un suicide politique pour Mme Courchesne? Seul l’avenir nous le dira.

De l’idéologie néolibérale,
Jean Némar

La grêve est étudiante, la lutte est populaire!

Line Beauchamp la Pépine et le PLQ creusent le fossé social - Jean Némar

Le petit libéral du Québec (PLQ) a décidé d’imposer une hausse des droits de scolarité de près de 75 % sur cinq ans. Les petits libéraleux tentent tant bien que mal (ou plutôt, mal) de limiter le débat à une question de chiffre : les universités sont sous-financées, les étudiants doivent donc payer leur juste part. Mais, si le système est vraiment sous-financé à qui devrait incomber la tâche de décider de ce qu’est une juste part? Des bandits déguisés en comptables ou le peuple québécois? On nous rabat sans cesse les oreilles avec la moyenne canadienne, mais la vérité est que les Québécois sont beaucoup plus favorables aux mesures sociales que les gens du ROC, étant un indépendantiste convaincu, ce genre d’argument me laisse toujours coi. Notre charte des droits et libertés1 bien à nous stipule d’ailleurs, à l’article 40, le droit à l’instruction publique gratuite.

Voyons donc ce que nous disent les fameux (infâmes?) carrés verts.

Sous-financement ou malfinancement?

La hausse des frais de scolarité imposée par le petit libéral du Québec (PLQ) a comme principal argument le pseudo sous-financement criant des universités québécoises, mais quand est-il vraiment?

Placer la charrue devant les bœufs est l’apanage du PLQ, ainsi on veut augmenter le financement, sans s’assurer au préalable que le financement actuel est utilisé de façon, disons, éthique. C’était vrai dans « le plus vaste chantier d’infrastructures de notre histoire »2, alors que le premier sinistre refusait bec et ongle une enquête publique sur la corruption et la collusion dans le secteur de la construction et ça l’est encore dans le présent dossier.

Ainsi, la sinistre de l’Aiducawssion, imposait une pénalité financière de 2 millions de dollars à l’Université Concordia pour l’année 2012-2013 pour avoir manqué de rigueur dans la gestion des fonds publics.3 Impossible de jouer la carte de l’ignorance, c’est elle-même qui a imposé la pénalité et ceci n’est que la pointe de l’iceberg que représente le mal financement des universités.

De plus en plus, les universités se travestissent en centre de recherches à visée appliquée ou commercialisable. Donc, l’industrie du savoir devient une machine à brevets bon marché pour l’entreprise privée. Ainsi selon les indicateurs de l’éducation, 2009 du MELS, le montant des subventions et des contrats de recherches alloués aux universités est passé de 721 M$ en 1995-1996 à 1,276 G$ en 2005-2006 (en dollars constants de 2006). Cet argent est distribué de façon plutôt arbitraire au profit des domaines qui rapportent; ce qui donnait 75,8 % des subventions et contrats de recherche aux seuls domaines des sciences de la santé, des sciences pures et des sciences appliquées, laissant un maigre 7,8 % aux sciences sociales et humaines.

Chez les libéraux, c’est les copains d’abord!

La valeur des diplômes serait menacée.

Un des problèmes du petit libéral est qu’il ne sait lire que les signes de piastres. Ainsi, il attribue la valeur de l’éducation au prix qu’elle nous coûte. Pourtant, nous pouvons lire sur le site du PLQ :

« Les enquêtes internationales placent régulièrement le Québec en tête du peloton lorsque nos jeunes sont évalués sur la maîtrise de la langue [laquelle?], des mathématiques et des sciences. […] »4

Mais la valeur d’un diplôme ne se mesure-t-elle pas à la qualité et la quantité du savoir transmis? Malheureusement, selon une étude5 de l’institut de recherche et d’information socio-économique (IRIS), « la hausse des frais de scolarité et la reconversion commerciale des universités réduisent l’éducation pour en faire une marchandise à visée essentiellement pragmatique, de plus en plus coûteuse, mais de moins en moins riche en contenu. »

La hausse des droits permettrait d’engager les meilleurs enseignants et d’acheter de nouveaux équipements.

Pourtant selon une étude6 de l’IRIS les récentes embauches auraient surtout été à l’endroit de gestionnaires, « puisque la reconversion commerciale de l’université exige de plus en plus de contrôles de gestionnaires et de coûteux mécanismes de surveillance. »

Nous pouvons lire sur le site du PLQ : « De plus, afin de prendre le virage incontournable des nouvelles technologies auxquelles nos jeunes sont habitués, les classes seront dotées de tableaux interactifs, de projecteurs multimédias et d’ordinateurs portables ».

Or, selon Thierry Karsenti, directeur de la chaire de recherche du Canada sur les technologies de l’information et de la communication en éducation, aucune étude indépendante n’existe pour justifier l’achat massif et rapide de tableaux blancs interactifs (TBI). « Les seules études sur les TBI ont été subventionnées par les fabricants », précise-t-il.7 De plus, on apprenait dans La Praisse qu’« Un an plus tard, on constate que la grande majorité des TBI sont commandés d’une façon inhabituelle à un fournisseur quasi unique : Smart Technologies, dont le lobbyiste est un ancien membre du cabinet de M. Charest. » Ce produit serait pourtant plus cher et moins souple que celui de plusieurs concurrents.8

Si les investissements en équipements pour les universités sont gérés de la même façon, nous pouvons comprendre que les étudiants financeront les amis du parti.

Aucune baisse de fréquentation.

Étrangement, chez le PLQ, où l’on considère l’éducation comme une marchandise, on nous dit qu’une hausse des tarifs de scolarités n’influencerait en rien la fréquentation des universités. C’est bien mal comprendre la loi du marché (chez des gens qui ne respectent pourtant que ça), mais pis encore, on utilise exactement la même logique, chez Hydro Québec, pour justement inciter le consommateur à diminuer sa consommation en électricité. Il y a un manque flagrant de cohérence ici.

De plus, on prétend que la hausse serait compensée par un régime d’aide financière. En fait, 83 % des étudiants n’aurait pas droit à l’aide financière et devrait donc payer les frais de scolarité bonifiés sans compensation.9 Bien qu’on nous rabâche sans cesse les oreilles avec le taux inquiétant d’entêtement des Québécois, on nous propose du revers d’investir dans le « capital humain » en s’endettant. Ce double discours n’est pas seulement paradoxal, mais il s’assit sur un principe qui ne se vérifie pas toujours, soit celui selon lequel un diplôme universitaire donne un plus grand salaire, et donc des moyens de rembourser une dette d’études. En moyenne, ça se vérifie, mais la moyenne est un outil dangereux, puisque très sensible aux extrêmes; ainsi, les avocats, médecins, les chefs d’entreprise gonflent artificiellement le salaire moyen des universitaires. Mais les géographes, les enseignants, les philosophes, les historiens, etc., y penseront probablement deux fois avant de s’endetter grandement pour faire un salaire normal et hypothéquer de nombreuses années de leur vie.

Même s’il est plutôt hasardeux de prétendre pouvoir chiffrer avec exactitude la baisse de fréquentation des universités, des économistes de l’Institut de recherche en économie contemporaine (IREC), Jules Bélanger et Oscar Calderón, estiment un minimum de 6000 étudiants à temps plein de moins par année à compter de 2016-2017.10 Toujours selon c’est deux économistes, bien que le gouvernement prétende aller chercher 265 M$ par années, il s’agirait plutôt de 101 M$ après déductions d’impôts et aide financière (qui serait aussi majorée).

La gratuité scolaire, une utopie?

Bien que le débat soit surtout orienté vers la hausse ou non, la coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (La CLASSE), entre autres, revendique, elle, la gratuité scolaire. Mais la gratuité scolaire, est-ce possible?

J’ai évoqué dans le point précédent les dangers de la moyenne, mais la moyenne peut quand même être très utile lorsque l’on observe l’ensemble (et non les individus). Or, les diplômés universitaires gagnent plus d’argent – en moyenne – et ont un taux de chômage moins élevé, ce qui fait que le détenteur d’un BAC rapporterait, toujours en moyenne, près de 1 M$ supplémentaire à l’État dans une vie par rapport à un diplômé du secondaire.

Les chercheurs de l’IREC cité précédemment chiffraient donc la gratuité scolaire totale, en utilisant la même méthode (de vue plus globale sur la société), à 176 M$ pour l’année 2008-2009, soit 1,2 % du budget en éducation.11

Grève ou boycottage?

Chez les libéraux, les sophismes et la démagogie sont roi, ainsi le premier minus John James Charest et la sinistre de l’éducation Line Beauchamp niaient même qu’il s’agit d’une grève, nous faisant la pédagogie (démagogie) en nous apprenant qu’il faut plutôt parler d’un boycottage. Or, sur le site de l’OQLF, un organisme du gouvernement du Québec, nous pouvons lire la définition suivante.

« grève politique n. f.
Définition :
Grève dont l’objet est d’amener le gouvernement à modifier sa politique ou son attitude sur un point donné. »12

L’objectif était simple et il a même fonctionné chez quelques personnes de mon entourage (généralement pro-PLQ), il visait simplement à discréditer une fois de plus le mouvement de grève.

Dénoncer la violence.

Le dicton dit, traditionnellement, « sois belle et tais-toi », nous pourrions cependant l’adapter à la situation actuelle, le résultat serait ainsi : « sois pauvre et tais-toi! » En effet, à la suite des injonctions de la cour et aux demandes (exigences) de Line Beauchamp faites aux professeurs visant à les obliger à donner leurs cours.

Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, réclamait que tous les meneurs (leaders) de la société, ainsi que les meneurs du mouvement de grève, devaient dénoncer les actes de violence. Je ne suis pas un meneur, mais pour ma part, je souhaite dénoncer la violence du parti au pouvoir dans tout ce dossier. Parti qui a refusé de dénoncer la violence policière commise le 1er mars à Québec13, le 7 mars à Montréal14 ou encore celle du 19 avril à Montréal, Québec et Gatineau15 pour ne citer que ces quelques exemples (parmi tant d’autres).

D’ailleurs, quand John James Charest va en chine pour discuter affaire (afin de leur céder notre sous-sol), exige-t-il du gouvernement Chinois qu’il condamne la violence faite envers les Tibétains, les ouïgours, les Mongoles, les Chinois eux-mêmes et j’en passe, avant de s’assoir avec eux…. la réponse est simplement non. Le gouvernement sait très bien ce qu’il fait en exigeant l’impossible, puisque le porte-parole ne peut pas dénoncer ces actes en tant que porte-parole, il vise simplement à exclure la véritable opposition, qui représente 47 % des étudiants en grève, de la table de discussion.

En conclusion.

Bien que le mouvement d’appuis à la hausse se dise « socialement responsable », il prône pourtant la responsabilité individuelle au détriment de la responsabilité (solidarité) sociale. Personnellement, je n’ai jamais compris la droite qui veut vivre en société tout en défendant l’individualisme à tout craindre. De plus, la hausse des frais de scolarité est non seulement évitable, mais elle est fort probablement nocive à notre société. Le gouvernement tente de nous faire avaler la pilule sous prétexte qu’il s’agit d’une nécessité, mais il est question ici, à mon avis, d’un simple débat autour d’une idéologie, celle du PLQ.

Il est clair pour moi que la sinistre de l’Aiducawssion, Line la pépine, et son équipe de mercenaires libéraleux, maintenant connue sous le nom des petits, creusent le fossé social à grands coups de pelle mécanique. Notre État social démocrate, si cher à nos yeux, tombe tranquillement vers un monde où l’individualisme et l’iniquité sont roi.

J’ai entendu plusieurs slogans dans les diverses manifestations auxquelles j’ai pris part, mais il y en a un en particulier qui me paraît excellant vu la conjoncture : « La grève est étudiante, la lutte est populaire! », il s’agit bel et bien ici d’un débat de société et non pas d’un prétexte pour prendre de belles grandes marches quotidiennes.

La question que doit se poser la société québécoise est : quel est le rôle que nous voulons donner à l’éducation, la transmission du patrimoine culturel, intellectuel et scientifique et la formation du jugement critique ou bien une manufacture à employés, à brevets et à prêt-à-penser?

De ces petits libéraleux,
Vraiment,
Jean Némar


1. http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/…?type=2&file=/C_12/C12.HTM
2. http://www.plq.org/fre/grands-projets/le-plus-vaste-chantier-…-17.html
3. http://www.radio-canada.ca/regions/…-penalite-financiere-concordia.shtml
4. http://www.plq.org/fre/grands-projets/l-education-une-force-economique-16.html
5. http://www.iris-recherche.qc.ca/…les_frais_de_scolarite
6. ibid.
7. http://www.cyberpresse.ca/actualites/…-tableau-blanc.php
8. ibid.
9. http://www.budget.finances.gouv.qc.ca/…Education.pdf
10. Gabriel Ste-Marie, Un sacrifice financier démesuré et peu rentable, l’aut’journal no 308, avril 2012
11. ibid.
12. http://www.granddictionnaire.com/BTML/FRA/r_Motclef/index800_1.asp
13. http://www.journaldemontreal.com/2012/03/01/les-etudiants-debarquent
14. http://www.cyberpresse.ca/…-en-colere.php
15. http://www.radio-canada.ca/…etudiants-conflit-jeudi.shtml

Le français encore remis en question.

Christine St-Pierre, ministre de l'acculture. - Jean Némar

Dû au récent « scandale (en fait, il aurait dû en être un, mais…) » au sujet de certains cadres de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), de celui à propos des cadres de la Banque Nationale du Canada (BNC), de l’impossibilité de travailler en français dans les bureaux de Bombardier et de nombres d’autres affaires du même ordre; il y avait avant hier soir un débat sur la place du français au Québec au Téléjournal National de Radio Canada1.

Lors de ce débat, Tasha Kheiriddin nous rappelait, avec tout son pragmatisme, à quel point il coutait cher au Québécois de vouloir préserver le français et elle remettait en cause la pertinence de vouloir le préserver à tout prix au Québec. Elle affirmait que dans ce prix il y avait le fait que nous allions nous priver de compétences et que le pauvre David Smith, qui ne peut pas s’adapter au français (pourquoi?), en était un exemple. Si ce qu’elle dit est vrai, que dans une société à majorité francophone on ne peut trouver personne qui parle français d’assez compétent pour diriger des institutions telles que la CDPQ, nous avons un sérieux problème, mais que voulez-vous (comme disait Jean Crétin), au Québec, notre statut de colonisé nous mène souvent à croire que la compétence est toujours forcément chez l’autre, le conquérant (d’autre fois?). J’aurais bien aimé que Jean-François Lisée, seul intervenant pour l’application la loi 101 sur un panel de quatre, lui retourne la médaille en remettant en question la place de l’anglais au Québec et les coûts qui lui sont imputables. Combien coûte-t-il au Québécois de maintenir un système de santé anglais, de construire deux CHUM plutôt qu’un, de maintenir un système d’éducation anglais? C’est un fait, maintenir le système anglais au Québec a un prix et ce prix n’est pas que d’ordre économique, mais aussi d’ordre culturel. En effet, le simple fait de donner le beau jeu à l’anglais au Québec fait en sorte que cette langue a une force d’attraction beaucoup plus grande que le français, l’assimilation le démontre bien. Cela dit, M. Lisée a tout de même démontré que le coût en compétences était aussi vrai de l’autre côté de la médaille en faisant valoir que certains cadres supérieurs francophones bilingues de la CDPQ et de la BNC avaient quitté leur poste puisqu’ils ne voulaient plus travailler dans un environnement anglophone. Bon point!

Toujours la même Tasha Kheiriddin, excusait les décisions du gouvernement Harper dans l’octroi de postes à des unilingues anglais (vérificateur général, directeur des communications) en disant qu’au Canada anglais, il n’y avait pas de telles mesures puisque l’anglais n’y a jamais été menacé et que ce n’était que la compétence qui comptait et non pas la langue parlée, au moment de l’embauche. Cela n’est pas tout à fait faux, mais c’est juste un petit peu hors sujet. Si nous voulions vraiment comparer ces réalités, il faudrait demander si une personne ne parlant pas anglais serait engagée à ces fonctions au Canada anglais et je vous garantis que la réponse à cette question serait, sans équivoques, non.

Il a aussi été évoqué, lors de ce débat, que l’anglais ne gagnait pas de terrain à Montréal et que c’était plutôt les allophones qui en gagnaient, cela est simplement ridicule, l’allophone n’est pas une langue et les allophones doivent donc s’assimiler à une des deux langues d’usage. Devinez donc à qui cela profite. On disait qu’une personne sur dix, seulement, était unilingue anglophone à Montréal, mais cela ne signifie pas qu’une personne sur dix qui ne peut pas parler français, car, le bilinguisme ne se limite pas au fait de parler anglais et français, mais de parler deux langues quelles qu’elles soient, chez les allophones, le français ne fait pas nécessairement partis des langues parlées. De plus, la loi 115 — passée sous le baillons — par John James (dit Jean) Charest et Christine St-Pierre, va encore une fois, amplifier cette réalité.

Personne dans ce panel n’a remis en question l’impératif de la connaissance de l’anglais pour faire des affaires à l’international; d’accord, l’anglais est la troisième langue la plus parlée au monde et donc très utile, de plus il semble y avoir consensus, l’anglais est la langue des affaires, mais en quoi est-ce nécessaire? Jusqu’à tout récemment, nous faisions appel à un interprète lorsque les interlocuteurs parlaient des langues différentes. Comprenons-nous bien, je ne dis pas qu’on ne doit sous aucun prétexte apprendre l’anglais, bien au contraire; apprendre des langues — par volonté et intérêt personnel sur une base individuelle — est une bonne chose à mon avis. Mais je ne comprends pas en quoi ce doit être un impératif, ce devrait, selon moi, être tout au plus un atout.

De la remise en question de la pertinence de notre culture,

Vraiment,

Jean Némar


1. http://www.radio-canada.ca/Medianet/2011/CBFT/Telejournal201112082200.asx

L’évolution du PLQ (1960-2011)

Jean Lesage, Robert Bourassa, Daniel Johnson (fils), John James (Jean) Charest : de maîtres chez nous à traître chez nous. Jean Némar

Voici la chaîne de l’évolution du PLQ selon Jean Némar. De 1960 à 2011, de Lesage à Charest en passant par Bourassa et Johnson (fils), de « Maîtres chez nous » à traître chez nous!

Le PLQ et la commission d’enquête

Chemin très sinueux - Le PLQ et la commission d'enquête.

Après nous avoir répété ad nauseam qu’il n’y aurait pas de commission d’enquête sur l’industrie de la corruption (sic?)1,2, voilà que notre premier sinistre ferait volte-face et déclencherait une commission d’enquête3, mais celle-ci serait selon toute vraisemblance à huis clos. Ne soyons pas dupe, une commission d’enquête à huis clos ne servirait qu’à protéger les proches (lire les poches?) du Parti Libéral, d’où la commission d’enquête à deux volets proposer par Jacques Duchesneau.

Les commentaires de Normand Lester sont particulièrement intéressants.

« Regardons un peu l’expérience de la Commission Grenier chargée de faire la lumière sur les agissements illégaux d’Option Canada durant le référendum de 1995. En fait, de lumière, il n’y a eu point, ni durant, ni après. On peut même affirmer que le Directeur général des élections d’alors, Marcel Blanchet, avait justement comme principal objectif de mettre le couvercle sur une crise de confiance quand il a décrété le huis clos.

« L’ex-juge Bernard Grenier l’a bien compris d’ailleurs en ordonnant, à la fin de son rapport, que toute la preuve, tous les témoignages, toutes les transcriptions, toute la correspondance, tous les mémoires, toutes les notes sténographes, et j’en passe, demeurent confidentiels. »4

1. http://www.youtube.com/watch?v=086m0G4p6pw
2. http://www.youtube.com/watch?v=6eqdAfFs1o8
3. http://www.cyberpresse.ca/actualites/dossiers/…
4. http://www.lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=3219

Pour une enquête publique

Jacques Duchesneau : M. Charest, nous voulons un commission d'enquête publique.C’est en septembre 2009 que le PQ demande une commission d’enquête publique sur la corruption et la collusion dans l’industrie de la construction. Au fil du temps, une grande partie de la population du Québec en est venue à penser de même, demandant aussi cette commission. Le PLQ de Jean Charest a toujours refusé d’envisager cette option, expliquant qu’il ferait une simple enquête policière afin d’« amener les criminels devant les tribunaux ». Coup de théâtre, voilà que deux ans plus tard, le rapport Duchesneau en vient à la même conclusion, « c’est système dans un système », « tout se passe comme si le ministère avait, pour ainsi dire, autorisé un transfert de compétences vers le secteur privé sans toutefois s’assurer de conserver suffisamment d’expertise pour gérer adéquatement son réseau », « il n’est pas vrai que c’est en jetant en prison des bandits et en préconisant une approche policière et judiciaire que nous réussirons à juguler l’hémorragie », « une commission d’enquête, c’est le seul moyen de rassurer le public, de redresser des problèmes devenus structurels, cette commission elle est urgente ».

M. Charest, vous n’avez qu’un seul patron, le peuple québécois et nous voulons une commission d’enquête publique.

Pour une enquête publique

Dehors Charest?

Dehors Charest? Ben non! Charest, en dedans!

« S’il y a des gens, par contre, qui se sont comportés pas correctement, ils auront à en rendre compte. L’important c’est qu’on se donne les moyens pour que ces gens-là soient identifiés puis qu’on puisse les amener devant les tribunaux s’ils ont commis des gestes répréhensibles. Qu’ils soient accusés puis condamnés puis, au besoin, qu’ils soient mis en prison. La même chose est vraie pour tous les milieux. »

John James Charest

 http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2011/09/16/001-charest-dutil-moreau.shtml