La CAQ-o-phonie…

François Legault, François Rebello, Dr Gaétan Barrette, Charles Sirois, Lucien Bouchard,  Gérard Deltell, Jacques Duchesneau - Jean Némar

La Coalition avenir Québec (CAQ) est une bien étrange formation politique. Ce nouveau-né de la politique québécoise semble pourtant avoir hérité de l’appui des deux grands empires médiatiques (Quebecor et Gesca), phénomène qui en laisse plusieurs perplexes. Je comparerais cette entité à un schizophrène qui entend des voix dans sa tête et ne sait plus trop laquelle écouter. Un triste personnage qui, d’un jour à l’autre, dit une chose et son contraire; coincé dans une éternelle cacophonie. La CAQ-o-phonie. Le logo très coloré de la CAQ, digne d’une marque d’antidépresseurs, vise probablement à nous faire oublier à quel point ce parti est gris.

Je vous propose ici, un regard sur la CAQ et quelques-uns des personnages burlesques de cette triste comédie.

Le chef : François Legault1

Opportunisme n.m, Attitude consistant à placer ses intérêts immédiats au-dessus de ses principes.

François Legault est soit une girouette qui tourne au gré du vent soit un menteur soit les deux. Anciennement souverainiste impatient et convaincu, il fait un retour en politique active il y a moins d’un an pour fonder un parti politique fédéraliste. Il a d’abord expliqué que les Québécois ne voulaient plus entendre parler d’indépendance et qu’il était donc normal d’aller dans le sens de la population. Qu’un comptable démagogue de centre-droite fasse preuve d’opportunisme n’a rien d’étonnant, mais François Legault ne s’est pas arrêté là. Il a ensuite dit sur les ondes de Radio-Canada qu’il n’était plus souverainiste pour finir par nous dire qu’il voterait « non » à un éventuel référendum sur la souveraineté du Québec.

M. Legault affirme avoir fait un retour en politique afin de régler les vrais problèmes du Québec, entre autres en santé et en éducation. Or, en 2003, il affirmait haut et fort que le Québec était ingouvernable en tant que province2 et que pour régler les problèmes en santé, en éducation et dans la plupart des autres domaines, le Québec devait être indépendant.

Dans la présente campagne électorale, il ne semble pas savoir comment se positionner comme une option crédible par rapport au PQ et au Parti libéral du Québec (PLQ), il répète donc ad nauseam que le PQ a les mains liées par les syndicats et que le PLQ ne peut se permettre d’entrer en conflit avec le fédéral (pourquoi la CAQ le pourrait-elle plus en tant que formation fédéraliste?), mais que lui a les mains libres. Je trouve plutôt étonnant qu’il affirme avoir les mains libres et propres, car si celles du PQ sont liées par les syndicats, lui les a très certainement liés par les milieux des affaires et le conseil du patronat, envers qui il aura une immense dette s’il est élu. De plus, François Legault affirme que son parti est incorruptible (vraiment?), mais il a pourtant déjà plusieurs taches à son dossier.

Citons d’abord l’article de Jean-Claude Pomerleau, paru sur le site vigile où il posait la question qui tue 3.

« J’aurais été tenté de croire que M. François Legault agissait de bonne foi (en créant la CAQ), jusqu’au moment où La Presse nous apprend qu’il avait pressenti Monique Jérôme Forget pour rallier son équipe. Madame la Sacoche elle-même qui était la ministre en charge [sic] de la Caisse de dépôt et placement du Québec et qui l’a transformée en Caisse électorale de dépôt lors des élections de 2008. Ce que M. Legault, alors critique de l’opposition des institutions financières ne pouvaient [sic] ignorer; non plus que le coût de cette manœuvre, bassement électorale, qui a entraîné des pertes accrues de 3 milliards pour la Caisse en 2008-09. »

Ensuite, un journaliste de La Presse, ayant lu un essai de l’ex-journaliste Gilles Toupin nommé « Le mirage François Legault », nous apprenait le 1er août dernier que :

« Les recherchistes du PQ découvrent que Charles Sirois, à la tête du holding Télésystème, est un acteur central des FIER au Québec. Le PQ se rend compte que Sirois tire parti des faiblesses du programme, relate Gilles Toupin. Les questions sont rédigées. Il est pour ainsi dire minuit moins cinq, et tout est prêt pour lancer la frappe. Mais François Legault dit non; il refuse de faire le travail. Il s’abstient complètement. »

En plus de vouloir épargner Charles Sirois, avec qui il créera la CAQ deux ans plus tard, M. Legault aurait aussi craint pour sa fortune personnelle après avoir reçu une mise en demeure de proches des libéraux, avance Gilles Toupin.

L’auteur décrit ensuite un caucus du PQ médusé par un discours de François Legault qui veut diminuer l’intensité des attaques de son parti envers Jean Charest pour s’attaquer aux « vraies affaires ».4 (mes caractères gras)

Côté incohérence, François Legault bat tous les records! Il affirmait, lors du débat des chefs, être amoureux de la langue française et de la culture québécoise, il a de plus dit vouloir faire respecter la loi 101, sans la renforcer. Il s’est par contre abstenu de répondre aux questions quant à la façon à utiliser pour abolir les écoles passerelles sans causer de « chicane » avec le gouvernement fédéral et la Cour suprême du Canada. M. Legault n’est d’ailleurs pas très crédible dans ce dossier puisqu’il est allé chercher l’appui des grands pourfendeurs de la loi 101 que sont Robert Libman et William « Bill » Johnson.

Finalement, j’ai été très surpris de voir apparaître le PLQ en faisant une recherche sur les dons qu’avait faits François Legault à des partis politiques sur le site du DGE, 500 $ en 2000 et 1000 $ en 2004. Un homonyme peut-être! Qui sait?

L’autorité morale : Jacques Duchesneau

La CAQ se targue d’être incorruptible et présente son candidat Jacques Duchesneau comme une assurance tous risques contre la corruption. Or, bien que M. Duchesneau soit présenté comme un incorruptible, son passé n’est pas tout à fait immaculé et une des taches qu’il traine sur son tablier nous vient du PLQ. « L’ancien ministre Tony Tomassi, inculpé mardi pour fraude et abus de confiance, a travaillé dans l’équipe de Jacques Duchesneau lorsque ce dernier a été candidat à la mairie de Montréal en 1998. Mais les deux ne s’entendent pas sur le rôle que M. Tomassi a eu, selon les vérifications faites par Le Devoir en mai 2010 et hier. »5

M. Duschenau s’est certes très bien placé dans l’opinion publique en coulant son propre rapport au grand dam du gouvernement libéral de John James (Jean) Charest, mais tout porte à croire qu’il a fait ceci par intérêt personnel, afin d’avoir la population de son côté pour se lancer en politique active. Peu importe le nombre de saletés que l’on cache sous le tapis, ce qui compte c’est la grande séduction.

Voici quelques raisons qui me mènent à douter de la moralité de ce prétendu sauveur du Québec.

Dans les années 80, Jacques Duchesneau, alors sergent-détective à l’unité des stupéfiants du SPCUM (ancêtre du SPVM), avait été blâmé pour abus de pouvoir dans l’Affaire Provençal.

En 1994, alors qu’il était le chef du SPCUM, M. Duchesneau avait tenu de propos très peu édifiants envers les immigrants en disant : « Il faut être sévère envers les immigrants qui viennent empoisonner notre société. Ceux qui commettent des crimes graves passibles de peines de dix ans ou plus. »6

En 1996, M. Duchesneau avait détenu illégalement plus de 70 personnes, dont 20 mineurs; la cour supérieure du Québec a condamné la Ville de Montréal à verser 1500 $ en dommages moraux et 1000 $ en dommages punitifs à chacun des manifestants détenus relativement à cette affaire.

En mars 2005, des allégations de conflits d’intérêts avaient été portées contre la personne de Jacques Duchesneau, alors qu’il était président de l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA). La compagnie Garda World security, dont M. Duchesneau avait siégé au conseil d’administration (CA), avait obtenue, en 2004, trois contrats totalisant plusieurs centaines de millions de dollars de l’ACSTA.7

Puis en 2005, la compagnie Unicom, dont M. Duchesneau avait aussi fait partie du CA, obtenait un contrat de l’ACSTA totalisant 4,8 M$.8 Nous apprenions, en 2007, que le contrat unissant Unicom à l’ACSTA avait atteint une somme de près de 11 M$.9

Alors qu’il était à la tête de l’ACSTA, Jacques Duchesneau menait la belle vie sur le bras des contribuables. En 2007, La Presse nous apprenait que M. Duchesneau avait couté 97 278,28 $ en voyage pour la seule année 2005 et 58 020,96 $ en 2006.10 Le 29 avril 2008, Duchesneau a quitté son poste de président et chef de la direction, selon le chroniqueur Vincent Marissal, il aurait en fait été congédié.11

Celui qui prétend avoir enquêté sur la CAQ avant de s’y joindre n’a pas dû y mettre beaucoup d’énergie, car la jeune formation politique traîne déjà plusieurs boulets et il en fait peut-être lui-même partie. Il ne faut cependant pas se surprendre que la CAQ ait voté pour la loi 12 (projet de loi 78) à voir les candidats autoritaires qu’ils accueillent dans leurs rangs.

L’opportuniste : François Rebello12

Que dire de l’opportuniste François Rebello qui avait quitté le PQ en pleine crise pour se joindre à la formation qui détenait alors la position de tête dans tous les sondages? M. Rebello est probablement le personnage le plus cacophonique du parti. Il s’est d’abord joint à la CAQ prétextant vouloir faire un Québec plus vert, alors que le simple mot « environnement » n’apparaissait même pas une fois parmi les 20 propositions principales que le parti avait alors déposées. Il avait aussi affirmé, peu après avoir joint la CAQ, que le parti ferait avancer la cause souverainiste, il s’est vite fait remettre à sa place. Il s’est, par la suite, mis plusieurs fois le pied dans la bouche; citons, par exemple, sa déclaration selon laquelle le Québec devrait poursuivre en justice le gouvernement de Stephen Harper pour avoir retiré le Canada du protocole de Kyoto ou encore lorsqu’il a affirmé aux médias que la CAQ tenterait de limiter à « une voiture par famille » le nombre d’automobiles en circulation. Nous pouvons être d’accord ou pas avec ces propos, là n’est pas la question, mais son parti, lui, était très certainement en désaccord avec ceux-ci, résultat : une étrange CAQ-o-phonie.

M. Rebello s’était d’abord fait connaître pour son implication au sein d’associations étudiantes. Il avait été, en premier lieu, président de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAECUM), en 1993, puis de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) de 1994 à 1996. M. Rebello a tout de même voté pour l’adoption de la loi 12 (projet de loi 78), reniant du même coup, encore une fois, ses convictions. M. Alexis Goudreau, qui était du groupe des « 40 jeunes de moins de 40 ans », et qui avait quitté le groupe dû à l’appui de la CAQ au projet de loi 78, avait affirmé à propos de François Rebello : « Il me répétait encore qu’il fallait respecter les étudiants pour sortir de l’impasse et surtout pas sortir une matraque. Et il s’en va cautionner une loi comme ça. Franchement, il me déçoit complètement. »13

Le poids lourd : Gaétan Barrette

Celui qui hériterait du siège de ministre de la Santé dans un éventuel gouvernement caquiste, le Dr Gaétan Barrette, est un grand défenseur du système de santé à deux vitesses, ce que moins de gens savent, par contre, c’est que Charles Sirois, cofondateur de l’OBNL CAQ, et plusieurs de ses compagnies, dont Télésystème et Placements Charles Sirois, sont les actionnaires de contrôle de Plexo, une entreprise qui exploite des cliniques privées.14 Pas besoin de creuser trop loin pour comprendre d’où vient le fameux (fumeux?) projet-pilote pour tester la mixité public-privé en santé si chère aux yeux de Gérard Deltell et… de Charles Sirois.15 D’ailleurs, il est pour le moins paradoxal que le Dr Barrette se présente comme celui qui nous donnera accès à un médecin de famille (médecin généraliste) alors qu’il est à la tête du la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ). Le ministre sortant de la Santé, M. Yves Bolduc, prévoyait d’ailleurs : « C’est quelqu’un qui va mettre la hache dans le réseau de la santé, assure-t-il, en prédisant un véritable chaos. Il veut rentrer en guerre avec les pharmaciens, il veut rentrer en guerre avec les médecins de famille. »16

Le docteur Barrette est d’ailleurs accusé de lobbyisme illégal auprès du gouvernement, lobbyisme dont la conséquence est que les radiologues détiennent aujourd’hui le monopole des cliniques privées d’imagerie médicale au Québec.17

Qui plus est, M. Barrette a donné 3600 $ au Parti libéral du Québec entre 2003 et 2006, il n’a cependant, selon le site du DGE, toujours rien donné à la CAQ. Bien qu’il y en aurait probablement plus à dire sur le Dr Barrette, j’en terminerai avec ce personnage en le citant, tout simplement.

« La loi spéciale? On s’en fout complètement. Parce qu’il n’y a pas de moyens de pression. Il y a seulement des individus viscéralement insultés par un ministre de la Santé [François Legault] arrogant et dictateur. »18

Le financement du parti

Le 1er janvier dernier (bonne année François!), j’apprenais dans La Presse qu’« au moins 14 employés d’Ernst & Young à Montréal ont versé plus de 10 000 $ à la coalition de François Legault avant qu’elle ne se transforme en parti politique. »19

Deux semaines plus tard, le 18 janvier, La Presse nous informait que l’ancien homme-fort de Robert Bourassa, Mario Bertrand, se joignait à la CAQ à titre de conseiller spécial du chef, François Legault.20 Rappelons que M. Bertrand avait trempé dans l’affaire M3I21 qui avait fait scandale.

La semaine suivante, le 25 janvier, je lisais dans Le Devoir que L’agent officiel de la CAQ, Marc Deschamps, avait été mis en cause dans le scandale du Faubourg Contrecoeur.22 Le député péquiste Bertrand St-Arnaud avait alors émis le commentaire suivant concernant l’affaire : « C’est renversant que le porte-parole de la CAQ ne trouve rien à redire. Finalement, on trouve ça correct que l’agent officiel du parti du maire et cofondateur du parti Union Montréal puisse siéger à un comité de sélection d’un projet lié à la Ville de Montréal. Même Gérald Tremblay trouvait que c’était un problème évident. »23

Puis le 31 janvier, dans La Presse, je lisais que pour la période allant du 14 novembre 2011 (date de création de la CAQ) au 31 décembre (date de parution de l’article) 45 des collègues de Me Mario Charpentier, responsable du financement du parti et patron du bureau de BCF à Montréal, avaient versé 20 000 $ à la CAQ. Selon Martin Koskinen, bras droit de Legault, la liste aurait alors été incomplète, ne comptant que 319 000 $ de dons, alors que la CAQ avait déjà récolté plus de 400 000 $.24

Le mois suivant, le 29 février, j’apprenais dans La Presse que la CAQ avait organisé une soirée de financement à 400 $ le billet précédé d’un souper privé sur invitation à 1000 $ le couvert. M. Legault s’était défendu en disant : « Je ne fais rien de différent de ce que je faisais au PQ », « La pratique est légale ». Rien de différend, pratique légale, certes!, mais pour un parti qui compte incarner le changement et dont le slogan, on ne peut plus démagogique, est : « C’est assez, [il] faut que ça change! », il aurait peut-être été judicieux, justement, de faire les choses autrement!25

Finalement (ai-je manqué quelque chose?), le 17 juillet, on pouvait lire dans La Presse que la CAQ exigeait dans son « manuel du candidat » qu’une activité de financement devait avoir amassé 25 000 $, trois jours avant l’évènement, sans quoi, l’évènement était annulé. Mais que voulez-vous? comme dirait l’autre, dans la vie, on est affairiste ou on ne l’est pas.26

C’est assez, faut que ça change!

La CAQ, qui pourrait très bien être rebaptisée le Parti mononc’ (PM), me semble déjà usée à la corde et pourtant, il n’a encore jamais vécu d’élections générales. Ce parti prétend incarner le changement, la belle affaire ! (rappelez-vous la campagne de l’ADQ «changement»), mais il me donne une ferme impression de PLQ rebaptisé. Après le printemps que nous avons connu, j’avais foi en mon Québec, je me disais « Nous ne sommes pas morts criss! ». Mais quand je regarde le traitement médiatique dont profite le parti de M. Legault, je me questionne encore sur l’état de notre « démocratie ». Quand je vois qu’un chef non élu est invité aux différents débats alors qu’un chef élu en est exclu, j’ai mal à mon Québec. Quoi qu’il en soit, j’ai la conviction que les gens qui voteront pour ce nouveau-vieux parti en espérant que ça change demain risquent, tout au plus, de contribuer à ce que le pouvoir change de main.

Plus ça change…

Jean Némar


1. http://jeannemar.com/legault-charest/
2. http://tvanouvelles.ca/video/587477374001
3. http://www.vigile.net/La-question-qui-tue,35379
4. http://www.lapresse.ca/actualites/…
5. http://www.ledevoir.com/politique/quebec/…
6. Yann Pineau, « Duchesneau réclame une plus grande sévérité envers les criminels étrangers », La Presse, 22 août 1994, p. A3.
7. Glen McGregor, « Airport security boss once had ties to major contractor », The Ottawa Citizen, March 22 2005, p. A1.
8. Glen McGregor, « Air security boss linked to biometric firm », The Ottawa Citizen, November 19 2005, p. A5.
9. Le Journal de Montréal, « Duchesneau éclaboussé », Fabrice de Pierrebourg, 19 juin 2007
10. André Duchesne, « Plus de 650 000 $ envolés en voyages », La Presse, 1 juin 2007, p. A4.
11. http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/…
12. http://jeannemar.com/francois-revello-et-la-caq-sequelle/
13. http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/…
14. http://argent.canoe.ca/lca/affaires/quebec/…
15. http://www.lapresse.ca/actualites/…
16. http://www.ledevoir.com/societe/sante/…
17. http://www.lapresse.ca/actualites/…
18. Louise Lemieux. « Médecins spécialistes, Legault brandit une loi spéciale. Les moyens de pression commencent à mettre en péril la santé de la population » Le Soleil, 20 décembre 2002
19. http://www.lapresse.ca/actualites/…
20. http://www.lapresse.ca/actualites/…
21. http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_M3I
22. http://www.ledevoir.com/politique/quebec/…
23. http://www.ledevoir.com/politique/quebec/…
24. http://www.lapresse.ca/actualites/…
25. http://www.lapresse.ca/actualites/…
26. http://www.lapresse.ca/actualites/…

Le PLQ et la commission d’enquête

Chemin très sinueux - Le PLQ et la commission d'enquête.

Après nous avoir répété ad nauseam qu’il n’y aurait pas de commission d’enquête sur l’industrie de la corruption (sic?)1,2, voilà que notre premier sinistre ferait volte-face et déclencherait une commission d’enquête3, mais celle-ci serait selon toute vraisemblance à huis clos. Ne soyons pas dupe, une commission d’enquête à huis clos ne servirait qu’à protéger les proches (lire les poches?) du Parti Libéral, d’où la commission d’enquête à deux volets proposer par Jacques Duchesneau.

Les commentaires de Normand Lester sont particulièrement intéressants.

« Regardons un peu l’expérience de la Commission Grenier chargée de faire la lumière sur les agissements illégaux d’Option Canada durant le référendum de 1995. En fait, de lumière, il n’y a eu point, ni durant, ni après. On peut même affirmer que le Directeur général des élections d’alors, Marcel Blanchet, avait justement comme principal objectif de mettre le couvercle sur une crise de confiance quand il a décrété le huis clos.

« L’ex-juge Bernard Grenier l’a bien compris d’ailleurs en ordonnant, à la fin de son rapport, que toute la preuve, tous les témoignages, toutes les transcriptions, toute la correspondance, tous les mémoires, toutes les notes sténographes, et j’en passe, demeurent confidentiels. »4

1. http://www.youtube.com/watch?v=086m0G4p6pw
2. http://www.youtube.com/watch?v=6eqdAfFs1o8
3. http://www.cyberpresse.ca/actualites/dossiers/…
4. http://www.lautjournal.info/default.aspx?page=3&NewsId=3219

Pour une enquête publique

Jacques Duchesneau : M. Charest, nous voulons un commission d'enquête publique.C’est en septembre 2009 que le PQ demande une commission d’enquête publique sur la corruption et la collusion dans l’industrie de la construction. Au fil du temps, une grande partie de la population du Québec en est venue à penser de même, demandant aussi cette commission. Le PLQ de Jean Charest a toujours refusé d’envisager cette option, expliquant qu’il ferait une simple enquête policière afin d’« amener les criminels devant les tribunaux ». Coup de théâtre, voilà que deux ans plus tard, le rapport Duchesneau en vient à la même conclusion, « c’est système dans un système », « tout se passe comme si le ministère avait, pour ainsi dire, autorisé un transfert de compétences vers le secteur privé sans toutefois s’assurer de conserver suffisamment d’expertise pour gérer adéquatement son réseau », « il n’est pas vrai que c’est en jetant en prison des bandits et en préconisant une approche policière et judiciaire que nous réussirons à juguler l’hémorragie », « une commission d’enquête, c’est le seul moyen de rassurer le public, de redresser des problèmes devenus structurels, cette commission elle est urgente ».

M. Charest, vous n’avez qu’un seul patron, le peuple québécois et nous voulons une commission d’enquête publique.

Pour une enquête publique