Une révolution qui émerge!

Le conflit étudiant n'est que la pointe de l'iceberg - Jean Némar

Il y a quelque temps, lorsque j’ai adopté le pseudonyme de Jean Némar, j’étais extrêmement cynique et désemparé. Désemparé devant le je-m’en-foutisme et la superficialité qui semblaient être les maîtres incontestés de notre société. Cette société que j’aime tant et qui pourtant semblait préférer se bourrer la tête de téléréalités de publicités et de magazines à potins, qui préférait, donc, la futilité et l’individualisme à l’engagement politique et citoyen. À ce moment, j’étais loin de me douter que, tout comme moi, plusieurs de mes contemporains et concitoyens ressentaient ce besoin urgent de réinvestissement collectif et de renouveau démocratique. Je suis, maintenant, de plus en plus certain que j’avais tort.

La crise économique de 2008 nous a été d’une très grande utilité. Plusieurs personnes qui, jusque-là, croyaient au système dans lequel nous vivons, qui osaient même le qualifier de démocratique et qui ont finalement compris que cette « démocratie » qui aurait dû être pour et par le peuple, n’était en fait qu’un leurre permettant aux grandes richesses de ce monde, de faire ses choux gras de l’exploitation de la très grande majorité de la population mondiale. C’est ainsi que, lorsque l’occident s’est empressé à sauver les banques qui étaient les architectes de la crise et à laisser crever le peuple, ce dernier a réalisé que tout ce système ne défendait aucunement les intérêts de la vaste majorité et ne travaillait que pour une infime minorité, soit l’élite économique.

Suivent le printemps arabe, le mouvement « occupons » et une mobilisation mondiale sans pareille dans les quarante dernières années. La démocratisation de l’information via l’internet en général et les réseaux sociaux en particulier risque d’entraîner la chute de la médiacratie et avec elle la chute de certaines formes d’oligarchies et de ploutocraties. D’où les nombreux projets de loi (ACTA, SOPA, PIPA…) qui visent à censurer l’internet.

Dans les médias traditionnels, la résistance se voit, car il est maintenant possible de s’informer sur ce qu’il nous cache. La révolution démocratique extraordinaire de l’Islande n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Nous pourrions aussi parler de la couverture médiatique tout à fait complaisante à l’égard de l’idéologie néolibérale et le parti au pouvoir à laquelle nous assistons en ce moment même dans le conflit étudiant, quoi qu’en dise la droite. La vérité, à mon avis, c’est que les médias au Québec, pour une des premières fois de notre histoire, se voient dans l’obligation de relayer de façon un peu moins partiale l’information (la formation?) et ce dû, justement, à l’explosion des sources d’informations. Ce qui, bien évidemment, choque ceux dont l’idéologie va dans le sens traditionnel des empires médiatiques.

Quoiqu’en disent les médias, tout ce conflit dépasse largement la grève contre la hausse de frais de scolarités et NON, ce ne sont plus « les étudiants » qui sont dans la rue, mais le peuple, du moins une bonne partie de celui-ci. La lutte étudiante n’est, à mon avis, que la pointe de l’iceberg et le meilleur reste à suivre.

Si nous pouvons affirmer avoir retiré quelque chose de bon de ces neuf années du règne néolibéral du PLQ, c’est probablement que leur hostilité envers le Québécois et le peuple en général, leur amour démesuré pour les multinationales et leur individualisme crasse auront réveillé le dragon qui dormait en nous. Il est plus que temps de reprendre le flambeau de la Révolution tranquille et que nous poursuivons la lutte, là où, bien d’autre avant nous, l’ont laissée, l’ont oubliée.

Vive la démocratie, vive l’indépendance.
De ces individus à listes,
Vraiment,

Jean Némar

La police politique du Québec (PPQ)

SS John James (Jean) Charest - SSPVM - SSQ - Police Politique - Jean Némar

Plusieurs personnes prétendent (et j’en suis) que les services de « l’ordre » du Québec en général et de la ville de Montréal en particulier, prennent de plus en plus l’apparence d’une police politique. Mais qu’en est-il vraiment?

La police politique, c’est quoi?

« Les polices politiques sont omniprésentes dans les régimes totalitaires. »1

« Elles sont souvent accusées d’être utilisées pour maintenir le pouvoir politique en place au lieu de protéger l’état de droit. »2

« [Elles] peuvent aussi employer des agents provocateurs pour inciter des adversaires politiques à exécuter des actes illégaux contre le gouvernement, sur quoi de tels adversaires peuvent être arrêtés. »3

« Les actes réalisés par les polices politiques sont la plupart du temps extrajudiciaires. Ils ne sont pas contrôlés par la justice, mais par un parti politique. »4

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai comme un sentiment que tout ça m’est, disons, familier. Le profilage politique semble s’être installé au Québec et nous devrions nous en inquiéter. Plusieurs citoyens arborant le carré rouge se sont plaints d’avoir été intimidés et parfois même brutalisés par les forces policières, alors qu’ils ne faisaient rien de mal et ne participaient même pas à une manifestation.

De plus, j’apprenais hier que la ville de Montréal envisage la possibilité de criminaliser les insultes faites à des policiers. Ainsi, face à un policier qui commettrait un abus de pouvoir, moral ou physique, voire même, violent, nous devrions tout au moins nous taire, voir l’en remercier.

En réponse aux événements récents?

En 2001, au Sommet des Amériques du Québec, la police avait, selon plusieurs, utilisé une force excessive, très souvent contre des manifestants pacifiques. Il a aussi été reconnu que deux agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) (Nicolas Tremblay et André Viel) avaient incité le groupe Germinal « à s’équiper et à s’armer davantage » afin de « percer le mur de la honte lors du Sommet des Amériques ».5, 6

« En 2003, il avait été reconnu dans la cause Engler-Stringer contre la Ville de Montréal, lancée à la suite d’une arrestation de masse en 2003, que le SPVM pratique une :  » discrimination fondée sur [les] convictions politiques  » ».7

En 2005, le Comité des droits de l’homme de l’ONU avait dénoncé les arrestations de masse réalisée par le SPVM, lors d’une manifestation. Ces arrestations visaient spécifiquement des militants associés à l’extrême gauche.8

En 2007, la Sureté du Québec (SQ) avait admis que des agents s’étaient déguisés en manifestants afin de les infiltrer lors du Sommet de Montebello. Bien que la SQ a nié que ces agents étaient là pour provoquer la foule, plusieurs témoins affirment le contraire.9, 10, 11

En 2010, des organisateurs de la manifestation, à Montréal, contre la répression policière qui avait lieu au G20 de Toronto, avaient repéré et rebuté des agents provocateurs qui tentaient de s’infiltrer dans la manifestation. Les agents auraient été filmé par Scott Weinstein, ce qui lui aurait valu d’être arrêté. Il a été relâché dans la soirée et sa caméra lui fut rendue, mais toutes les images qu’il avait prises auraient été effacées par la police. Il fut accusé sous un prétexte bidon, soit d’agression armée, l’arme en question étant son vélo.12, 13

En 2011, le chroniqueur, du pourtant très partisan quotidien La Presse, Patrick Lagacé signait un article où il faisait état d’une discussion qu’il avait eue avec un agent de la SQ dans laquelle celui-ci lui avait dit sans ambiguïté qu’il s’agissait d’un service de police politique.14

L’escouade de Guet des activités des mouvements marginaux et anarchistes (GAMMA) fondée en 2011 est reconnue pour faire du profilage politique.15

En conclusion

La police politique semble bel et bien faire des siennes au Québec et ailleurs en Amérique. Bien que les pays d’Amérique du Nord se disent démocratiques, nos libertés d’opinion et d’expression semblent être de plus en plus remises en question. Les exemples que j’ai cités dans cet article ne sont que quelques-uns qui se sont passés au Québec dans les dernières années.

Nous devons être vigilants et surtout ne jamais censurer notre esprit critique. La loi 78 adoptée depuis peu n’est qu’une pierre de plus à la mosaïque des atteintes à nos droits et libertés. D’ailleurs, Amnistie Internationale a publié un communiqué le 18 mai dernier, afin de dénoncer le projet de loi 78 et des limitations potentielles à nos droits fondamentaux que celle-ci pourrait entraîner.16

« Quand les bandits sont au pouvoir, la place d’un honnête homme est en prison »17

De ce gouvernement de plus en plus autoritaire,
Jean Némar


1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Police_politique
2. Ibid.
3. Ibid.
4. Ibid.
5. http://archives.lautjournal.info/autjourarchives.asp?article=261&noj=201
6. Le Devoir, « La taupe policière aurait incité les activistes à s’armer davantage », François Cardinal, 20 avril 2001, p. A1.
7. http://histoireetcivilisation.wordpress.com/2011/07/18/gamma-une-police-politique/
8. http://histoireetcivilisation.wordpress.com/2011/07/18/gamma-une-police-politique/
9. http://www.radio-canada.ca/regions/ottawa/2007/08/23/007-SQ-reax-youtube_n.shtml
10. http://www.youtube.com/watch?v=7S1nHvvkzvA
11. http://www.youtube.com/watch?v=91MDMQH4i_E
12. http://www.pacificfreepress.com/news/1/6528-quebec-surete-agents-provocateur…rally.html
13. http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=cLFS1Xarysg
14. http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/patrick-lagace/…police-politique.php
15. http://fr.wikipedia.org/wiki/…marginaux_et_anarchistes
16. http://www.amnistie.ca/…amnistie-internationale-soppose…
17. Michel Chartrand

Poste ministériel vacant!

Line Beauchamp démissionne. Poste vacant, à qui le tour? Conflit étudiant. - Jean Némar

La ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Line Beauchamp, vient de remettre sa démission. Bien que le gouvernement Charest n’ait jamais bougé d’un iota refusant bec et ongles de discuter de la hausse des frais de scolarité – raison pour laquelle les étudiants sont en grève –, elle a jeté le blâme sur les étudiants qui seraient toujours restés campés sur leurs positions.

Hein? Quoi?

Quand on fait un dialogue de sourds, il faut s’attendre à une réponse de sourd. Malgré tout, l’ex-ministre maintient avoir tout fait pour régler ce conflit (sauf peut-être avoir accepté d’ouvrir le dialogue). N’oublions pas l’« entente de principe » selon laquelle « la hausse prévue des droits de scolarité est une hausse qui sera appliquée intégralement » et où il incombait aux étudiants de faire le travail du ministère, ainsi « les étudiants seront invités à aller y faire la démonstration de certaines de leurs affirmations comme quoi il y a des lieux, des endroits dans la gestion des universités où on peut faire des gains d’efficacité ».

Quoi qu’il en soit, maintenant que Mme Line Beauchamp a démissionné, Mme Michelle Courchesne prend son siège. S’agit-il d’un suicide politique pour Mme Courchesne? Seul l’avenir nous le dira.

De l’idéologie néolibérale,
Jean Némar