L’évolution du PLQ (1960-2011)

Jean Lesage, Robert Bourassa, Daniel Johnson (fils), John James (Jean) Charest : de maîtres chez nous à traître chez nous. Jean Némar

Voici la chaîne de l’évolution du PLQ selon Jean Némar. De 1960 à 2011, de Lesage à Charest en passant par Bourassa et Johnson (fils), de « Maîtres chez nous » à traître chez nous!

Le cul entre deux chaises.

François Legault : Le cul entre deux chaises. Jean Némar

Le 14 novembre 2011 est un jour historique pour le Québec, c’est vrai qu’il y a eu la création de la Coalition Avenir Québec (la CAQ), mais ce n’est pas tout à fait ce dont je parle ici. Ce dont il est ici question, c’est le fait que John James (Jean) Charest a dit quelque chose de censé, intelligent, une affirmation avec laquelle je suis tout à fait d’accord. Surprenant, n’est-ce pas? Notre très cher premier sinistre a dit à propos de François Legault et de la CAQ : « On ne peut pas vouloir être premier ministre du Québec et ne pas être, ou fédéraliste, ou souverainiste. On ne peut pas être les deux, on ne peut pas être assis entre deux chaises et être premier ministre du Québec, alors que les enjeux viennent vite à tous les jours ». Que de pertinence de la part de M. Charest! Je fus non seulement surpris de la pertinence du propos, mais aussi du fait que normalement, je m’attendais à entendre ce commentaire venir du côté indépendantiste et non pas de la part d’un fédéraliste. Pourquoi? Eh bien, on peut reprocher bien des choses à John James, mais il n’est certes pas du type à laisser les choses aller au hasard. Or, selon moi, cette déclaration était plutôt hasardeuse et voilà pourquoi. Au Québec, si l’on n’est pas un politicien indépendantiste, on en est forcément un fédéraliste, il ne peut y avoir d’entre-deux pour la simple raison que si l’on met l’indépendance de côté, on perpétue le fédéralisme, le fédéralisme ne proposant pas de changement, mais le statu quo. Ça n’est pas plus compliqué que ça. Donc, la raison pour laquelle cette déclaration venant de Johnny John m’a surpris, c’est qu’il invitait la CAQ à se positionner comme un adversaire du PLQ et non pas un adversaire des partis indépendantistes. Cela dit, François Legault a finalement pris très clairement position lors d’une entrevue accordée à Patrice Roy au Téléjournal de Radio-Canada en disant : « Je ne suis plus souverainiste ». Voilà une bonne chose de réglée, maintenant j’espère que les indépendantistes du Québec ne répéteront pas l’erreur du 2 mai (car c’était à mon avis une erreur et non la moindre) en votant pour un parti fédéraliste, lors des prochaines élections provinciales.

Mouammar Kadhafi

Mouammar Muhammad Abou Minyar al-Kadhafi - martyr anti-impérialiste - Jean NémarMise en situation

Le 20 octobre dernier, un homme est mort, le colonel Mouammar Muhammad Abou Minyar al-Kadhafi fut assassiné. Selon les médias de masse occidentaux, le monde entier se réjouit de la mort du colonel, bon, du côté occidental du globe, la plupart des gens semblent s’en réjouir, en effet, mais selon moi, cela est dû à une désinformation flagrante. Cependant, la quasi-totalité du continent africain pleure la mort du père de l’Union africaine.

La version officielle

Commençons par analyser la version officielle. Selon nos médias de masse, des milliers de personnes étaient sur le point de se faire tuer à Benghazi, bien qu’aucune preuve n’ait jamais corroboré cette théorie, cette affirmation fut répandue à travers nos médias comme si c’était un fait incontestable. Nos médias ont aussi affirmé que des milliers de personnes avaient déjà été tués par le gouvernement depuis le début du conflit, les organisations pour les droits de l’homme évaluaient plutôt les pertes de vies humaines à 250, et ce, des deux côtés. Toujours selon nos médias, Kadhafi bombardait son peuple par avion, les satellites-espions russes ont depuis démontré que cela était impossible. C’est donc dire que nos médias ont tout au moins manqué de rigueurs, s’ils ne nous ont pas tout simplement menti.

Les rebelles

Nos médias ont aussi souvent parlé du peuple qui avait formé une force rebelle afin de lutter contre le pouvoir kadhafiste. Ce qui n’a pas été assez dit, si ce n’est carrément omis de dire, c’est que parmi les rebelles, bon nombre étaient en fait des terroristes affiliés à Al-Qaïda, ceux-là mêmes que nous étions apparemment partis pourchasser en Afghanistan. Cette fois-ci, ils avaient, semble-t-il, la bénédiction de l’oncle Sam et cette fois-ci, ils n’étaient plus, aux dires de nos médias, de dangereux intégristes, mais rien de moins que les libérateurs du peuple Libyen. De plus, plusieurs journalistes issues des médias alternatifs soutiennent que les rebelles étaient majoritairement des racistes antinoirs et nous savons que Kadhafi avait amorcé l’intégration de la population libyenne noire.

Les prokadhafistes

Toujours selon nos médias, Kadhafi faisait l’utilisation de mercenaires afin de se maintenir au pouvoir, ces mercenaires étaient en fait des citoyens normaux qui étaient prêts à mourir pour défendre leur pays et leur chef. L’OTAN a bombardé plus de 100 000 soldats libyens pendant cette guerre, mais elle par le fait même bombardé ces milliers d’hommes et de femmes ordinaires qui s’étaient portés volontaires. Certes, ces citoyens furent armés par le gouvernement, mais ils se sont battus de leur gré pour ce qu’ils croyaient être la juste cause.

Les bombardements de l’OTAN

Étrangement, les cibles des bombardements furent en fait, la plupart du temps, des services publics et non pas militaires. Ainsi, infrastructures sanitaires, réseaux d’aqueducs, hôpitaux, écoles ont été détruits par les bombardements de l’OTAN. Selon l’Organisation mondiale de la santé, avant l’intervention de l’OTAN en sol libyen, le pays avait le meilleur système de santé publique d’Afrique, tous citoyens avaient droit à des services de santé gratuits (les États-Unis auraient eu fort à apprendre de ce système). De plus, la Libye comptait le plus haut taux d’alphabétisation et d’inscription dans les collèges et universités en Afrique du Nord. Tout cela est maintenant, fort probablement, chose du passé.

Les causes probables du conflit

Kadhafi était une clef importante dans la fondation de l’Union africaine1, crée en 2002. Or, c’est l’acte constitutif de l’Union africaine2,3,4 qui avait mené à la constitution du Fonds monétaire africain (FMA)5, de la Banque centrale africaine (BCA)6 et de la Banque africaine d’investissement (BAI)7, trois institutions qui mèneraient vraisemblablement à l’autonomie monétaire et financière de l’Afrique. Ce qui n’est évidemment pas une bonne chose aux yeux, par exemple du FMI qui se trouverait des rivaux dans le FMA et la BAI, puisque le FMI utilise actuellement l’endettement des États pour implanter des politiques de privatisation qui lui permettent d’accaparer les richesses des pays d’Afrique. De plus la BCA, prévoyait lancer le Dinar-or, une nouvelle monnaie en or massif, unique sur le continent africain qui mettrait en péril le Dollar et l’Euro8.

Kadhafi voulait vendre son pétrole contre de l’or et non plus contre des dollars US, ce qui n’avait rien pour plaire à nos bien-aimés maîtres du monde. Rappelons qu’en 2000, Saddam Hussein avait annoncé que le pétrole irakien allait être échangé en euro et non plus en dollars, s’en est suivi l’invasion de l’Irak justifier par la présence d’armes de destructions massives qui, nous le savons aujourd’hui, n’ont jamais existé. Les histoires se répètent avec des prétextes différents.

De plus, en 2007, le gouvernement de la Libye a financé aux trois quarts le premier satellite africain, ce qui signifiait une perte de revenu substantiel pour plusieurs compagnies européennes, dont les satellites étaient généralement utilisés pour faire des appels téléphoniques en Afrique.

Toujours en 2007, les États-Unis ont mis sur pied l’AFRICOM9,10 (une autre merveilleuse idée de Dick Cheney et Donald Rumsfeld), qui est opérationnel depuis 2008. Kadhafi voyait en l’AFRICOM un moyen pour les États-Unis de recoloniser l’Afrique. Il avait d’ailleurs proposé une motion à l’UA qui stipulait qu’aucun pays membre de l’union n’autoriserait une base américaine sur son territoire, motion qui fut adoptée en 2010.

Voilà plus de raisons qu’il n’en fallait pour aller tuer un homme qui s’opposait à l’impérialisme occidental et à la recolonisation de l’Afrique.

La responsabilité de protéger

Encore une fois, l’OTAN s’est servie de sa responsabilité de protéger, afin de déloger un dirigeant qui gênait le plan d’affaires de dirigeants occidentaux. Une fois, le terrible Kadhafi éliminé, ils ont remis le pouvoir à des fondamentalistes qui se sont empressés d’imposer la charia. À mon avis, le peuple libyen était entre de bien meilleures mains, sous le règne de Kadhafi.

En conclusion

La guerre contre Mouammar Kadhafi était donc une guerre impérialiste mise sur pied par les pouvoirs financiers occidentaux et approuvés par l’OTAN. Je ne dis pas que Mouammar Kadhafi était un homme irréprochable, ce que je dis c’est que les raisons qui ont été évoquées pour justifier les bombardements de l’OTAN sur la Libye peuvent et doivent être remises en questions. Je crois que la guerre qu’a menée l’OTAN contre Kadhafi était une guerre contre la Libye et contre l’Afrique. Le 20 octobre dernier, un homme est mort, le 20 octobre dernier, un martyr est né.


1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_africaine
2. http://www.au.int/fr/sites/default/files/Constitutive%20act%20French.pdf
3. http://www.cameroon-info.net/stories/0,25314,@,le-fonds-monetaire-…html
4. http://www.au.int/fr/organs/fi
5. http://en.wikipedia.org/wiki/African_Monetary_Fund
6. http://en.wikipedia.org/wiki/African_Central_Bank
7. http://en.wikipedia.org/wiki/African_Investment_Bank
8. http://www.agoravox.tv/actualites/international/article/le-dinar-or-des-etats-uni…
9. http://www.africom.mil/
10. http://fr.wikipedia.org/wiki/United_States_Africa_Command